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ana’chronique, centre de ressources sur

l’alimentation, la nutrition et l’écologie pratique, c’est…

… un espace pour se ressourcer et s’informer

… une table pour déguster et échanger

… une cuisine-atelier pour découvrir et expérimenter

ATTENTION, ana’chronique est aujourd’hui en phase de rodage  et n’ouvrira ses portes qu’à l’été 2012 ! Les activités proposées à ce jour seront communiquées par le biais de l’agenda. Pour garder le contact, n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter mensuelle !

À très bientôt !

Aux origines du projet

Constat

Le paradoxe du mangeur contemporain
• une offre pléthorique
• l’augmentation de pathologies dites de civilisation
• des recommandations nutritionnelles contradictoires

Objectif

Permettre à chacun de se construire une culture nutritionnelle
• une information plurielle pour exercer son discernement
• le développement de sa créativité par l’observation, la réflexion et l’expérimentation
• la dégustation pour éveiller ses sens et s’ouvrir au monde

Positionnement

Une approche culturelle alliant plaisir et curiosité
• un voyage au gré des saisons et des paysages
• la compréhension des mécanismes d’édification des identités culinaires
• le repas comme espace de socialisation

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L’asperge, c’est maintenant !

Je raffole des asperges, par goût certes, mais aussi parce qu’il s’agit là – pour moi – d’un pur produit saisonnier, comme les petits pois ou les fraises, de ces produits dont on salue le retour et dont on se plaît à profiter pleinement, ici et maintenant. Une fois la saison passée, rendez-vous est pris pour l’année suivante. Ni conserve, ni congélation, l’asperge se doit d’être dégustée fraîche pour révéler le meilleure d’elle-même. Profitez-en vite car sa saison est courte : d’avril à juin seulement !

Production
La Chine produit 85 % de la récolte mondiale, suivie par le Pérou, les États-Unis, l’Espagne. La production française, en déclin, se place au 11e rang mondial.

Une pointe de délicatesse

Le nom asperge, dérivé du grec « asparagos », désignait initialement toute jeune pousse et nombreuses sont les plantes qui nous offrent ces gourmandises croquantes et fondantes : pousses de houblon, jeunes crosses de fougère, tiges de prêle… Ce n’est que plus tardivement que l’asperge s’imposa comme la tige de référence. Si les égyptiens et les Grecs la consommaient à l’état sauvage, les Romains furent les premiers à la cultiver. Caton l’Ancien (234-149 av. J.-C.) nous a d’ailleurs laissé une description de sa culture dans le recueil  « De re rustiqua ». Mais, il fallut attendre le XVe siècle pour la voir s’étendre en Europe, depuis le Nord, puis progressivement au Sud. Louis XIV, grand amateur de légumes, exigea de La Quintinie, son jardinier, de pouvoir en déguster toute l’année, d’où la mise au point d’une culture forcée en fosse chaude. Au XIXe siècle, Argenteuil devint un important centre de production. Lorsque celui-ci fut envahi par la mouche de l’asperge, la production se développa alors en Val de Loire et dans le Sud. Néanmoins, ne nous méprenons pas, l’asperge fut de tout temps un mets aristocratique. Longue à entrer en production (un minimum de 3 ans), sa récolte est délicate tant la tige est fragile et cassante, et ne s’effectue que manuellement. Triée, calibrée et conditionnée avec soin, elle doit être conservée dans un espace humide pour leur garantir lui fraîcheur, ce qui explique qu’elle reste, aujourd’hui encore, un produit cher. Une raison supplémentaire pour la déguster avec les plus grands égards.

La plante
Plante herbacée vivace de la famille des liliacées, comme l’ail, l’oignon ou le poireau, Asparagus officinalis peut atteindre 1 m de hauteur. Elle se développe à partir d’un rhizome souterrain appelé communément griffe, qui comporte de nombreuses racines longues parfois de plusieurs mètres. Son feuillage est fin et ramifié, comme celui de l’asparagus d’intérieur. Elle porte des fleurs en forme de petites clochettes blanches, donnant des baies vertes puis rouges à maturité, qui contiennent des petites graines noires.
Chaque année, la griffe produit des bourgeons qui émergent en tiges charnues de 12-15 cm. Ce sont ces tiges ou turions, que nous consommons, d’avril à juin. L’asperge est d’abord blanche, douce et au goût peu marqué, puis se teinte de rose-violet ou de vert en s’exposant à la lumière et développe alors davantage de goût, voire une légère amertume. Une même griffe peut produire pendant 15 à 20 ans.

Une alliée santé de saison

Grâce ses composés, l’asperge participe pleinement au ménage organique de printemps : elle draine, nettoie et épure.
Très riche en eau (92 %), l’asperge l’est aussi en nutriments et plus elle est colorée, mieux elle est dotée, notamment en phyto-nutriments anti-oxydants (lire à ce sujet La couleur dans l’assiette). Ses fibres, cellulose et hémicellulose, stimulent le transit intestinal, mais de façon plus douce que le poireau. Son bon quota de potassium permet de contrer la rétention d’eau. Par ailleurs pauvre en sodium, elle est à recommander aux hyper-tendus et comme chacun a pu l’expérimenter, l’asperge favorise effectivement la diurèse, dotant d’ailleurs les urines d’une odeur singulière, marque de la présence de composés soufrés, alliés efficaces de la dépuration du foie.
Elle est aussi une excellente source de vitamine B (notamment en B9), C et E. Attention, seule une cuisson non agressive et brève, comme la vapeur, pourra préserver au mieux ses vitamines, ses phyto-nutriments et son exceptionnelle délicatesse.

Aphrodisiaque l’asperge ?

Sans conteste, sa forme est évocatrice, d’où l’expression « aller aux asperges » pour désigner la prostitution, au point qu’elle était interdite au XIXe dans les pensionnats de jeunes filles. Les Grecs lui prêtaient cette vertu. Curnonsky, gastronome et critique, n’hésitait pas à écrire : “Pas besoin de minerve qui serve A tenir ta verge ! L’asperge en fait un cierge Et la vierge gamberge…” Plus prosaïquement, l’asperge serait une source appréciable de phyto-œstrogènes, stimulateurs de testostérone et donc du désir.

Déguster l’asperge

La fraîcheur de l’asperge se mesure à sa tenue : la tige doit être ferme et cassante. Ne les conserver pas plus de quelques jours, soigneusement emballées dans un papier ou dans un torchon, dans le bas du réfrigérateur. A priori, point n’est besoin d’éplucher les asperges les plus fines. Ma préférence va aux pointes charnues qui peuvent se déguster crues, simplement émincées, sautées à vif ou juste cuites à la vapeur et dégustées tièdes. Les accompagnements sont multiples : traditionnelle mayonnaise à condition qu’elle soit maison (impératif !), sauce hollandaise au beurre, sauce maltaise aux agrumes… Personnellement, j’ai une prédilection pour les apprêts les plus simples : en mouillette avec un œuf, avec un filet d’huile, d’olive ou de noix selon l’humeur, voire quelques copeaux d’un fromage sec (parmesan, vieux comté, vieux cantal…) ou encore de la brousse ou du chèvre frais, le tout agrémenté de fleur de sel et de poivre du moulin. Mais rien n’empêche de l’incorporer dans des préparations plus élaborées, à la texture onctueuse : velouté, flan, mousse, risotto… Dans ce cas, je réserve les pointes pour le service et n’intègre que la tige dans la préparation.

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Cuire, c’est nuire ?

Certes la cuisson présente des avantages sanitaires et gustatifs, mais elle se révèle aussi destructrice, voire franchement néfaste dès lors qu’il s’agit de hautes températures. Destruction des vitamines et des enzymes, pertes minérales, altération des graisses et des protéines et même génération de composés toxiques, tels sont aussi les effets de ses excès. Dans une société qui tend à manger trop cuit, qui affectionne la friture et le poêlé, et surtout à l’heure où certains s’apprêtent à ne jurer que par le barbecue, un petit point s’impose.

Cuisson et cuisine

La cuisson reste perçue comme incontournable. D’une part, elle permet de détruire certains pathogènes (bactéries, larves…), elle facilite l’assimilation de certains aliments par pré-digestion des amidons (pomme de terre, céréales…) ou attendrissement des fibres de cellulose, et surtout elle concourt à rendre les aliments plus attrayants grâce au développement de composés aromatiques et de l’apparition de couleurs brunes typiques, telle la croûte du pain, le doré des biscuits… Ces substances, nées de la cuisson, résultent d’une transformation complexe, dénommée Réaction de Maillard, du nom du chimiste français qui les étudia au début du XXe siècle. Depuis 50 ans, ces dérivés suscitent à nouveau grandement l’intérêt, non point en termes gustatifs, mais sanitaires.

De nombreux dérivés mutagènes

Outre la dénaturation des lipides avec génération de graisses trans et oxydation, la cuisson vive (gril, poêle, friteuse…) produit effectivement de nombreux composés nouveaux. Par exemple, on estime qu’une pomme de terre frite, dans laquelle on a identifié 50 produits dérivés, en contient 400 autres… Il a d’abord été question des hydrocarbures polycycliques tel le benzopyrène, issu de la carbonisation des protéines, puis plus récemment de l’acrylamide retrouvée dans des produits cuits à très haute température  et enfin du furane. Dès 1998, Helen Vlassara et son équipe ont employé l’expression de glycotoxines alimentaires pour désigner ces dérivés, nés de la conjugaison des sucres et des protéines, responsables d’oxydation et, par conséquent, d’inflammation. On parle aussi de produits terminaux de la glycation (déjà évoqués ici à propos du sucre) ou AGE (Advanced glycation end products) ou produits de Maillard. De nombreux essais sur les animaux ont été réalisés et quelques études chez l’homme, notamment dans le cadre du projet européen Icare. Et il apparaît très clairement qu’un régime standard riche en produits frits, biscuits, café, corn flakes, conserves… induit un changement dans les paramètres métaboliques avec augmentation du niveau d’insuline et de la résistance à l’insuline, une augmentation du cholestérol global et des triglycérides…  Les diabétiques, dont le sang est déjà chargé en glucose, y sont d’autant plus sensibles, ce qui pourrait expliquer les nombreuses complications de dégénérescence liées à cette pathologie. Le Docteur Vlassara a d’ailleurs montré qu’en seulement 4 semaines d’un régime pauvre en glycotoxines, il était possible de réduire l’inflammation et donc de prévenir le développement de pathologies tels que les troubles cardio-vasculaires, l’excès de cholestérol, l’artériosclérose, le diabète, la cataracte, problèmes rénaux…

Une pomme de terre bouillie ne contient que 10 unités d’AGE contre 1000 pour une pomme de terre rôtie. Quant au Coca-Cola, il serait une mine d’AGE !

Une alimentation ultra-transformée

Notre assiette est composée en moyenne de 70 % de produits industriels, grands pourvoyeurs de glycotoxines : aliments extrudés, frits, biscuits, produits transformés, lait UHT… sans oublier le café ou le chocolat, issus de la torréfaction. Mais les transformations se produisent aussi à l’échelle domestique par un changement des habitudes et des modes de consommation. Frire, poêler, griller… sont effectivement jugés plus rapides et pratiques que mijoter.
Autant dire que la nature des aliments, avec notamment un excès de cuit, conjuguée à nos modes de préparation font que nous sommes aujourd’hui nettement plus exposés à des dérivés toxiques issus de la cuisson. La solution : revenir au maximum vers des modes doux, vapeur et cuisson à l’étouffée en tête, sachant que moins un aliment est transformé, plus l’organisme l’assimile facilement. N’oubliez donc pas toutes les préparations à cru, y compris pour les viandes et poissons (gravlax, marinades, carpaccio…). Et pensez aussi à faire le plein de substances protectrices offertes généreusement par les légumes et les fruits, gorgés de vitamines, minéraux, enzymes et phyto-nutriments. En somme, ce n’est pas l’interdit qui importe, mais surtout l’équilibre au long cours !

L’influence des temps de cuisson

Mode et temps de cuisson AGE (U/g)
Blanc de poulet sans peau cru 7 686
Blanc de poulet sans peau bouilli 1 h 11 236
Blanc de poulet sans peau au micro-onde 5 minutes 15 245
Blanc de poulet sans peau pané 45 580
Blanc de poulet sans peau rôti sauce barbecue 45 580
Blanc de poulet sans peau grillé 15 minutes 58 281
Blanc de poulet avec peau rôti 45 minutes 60 203
Blanc de poulet sans peau frit 8 minutes 73 896
Blanc de poulet avec peau pané frit 25 minutes 99 617

Conclusion : 9 fois moins d’AGE dans le poulet bouilli que dans le poulet frit : il est peut-être temps de réhabituer nos papilles à des goûts plus simples…

Helen Vlassara. Advanced Glycoxidation End Products in Commonly Consumed Food. Journal of the American dietetic association. 2004.

Une marinade pour neutraliser les toxiques ?
Pour les inconditionnels de la grillade, la marinade permettrait, d’après les études, de minimiser les effets de la haute température. Il semblerait que les acides types vinaigre ou citron et même vin soient capables de bloquer en partie l’apparition des substances indésirables.

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Pour aller plus loin
• L’art de cuisiner sain, S’équiper, préparer, cuire, conserver…, Claude Aubert, Terre vivante, 2011

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Veg an’Bio, la passion de l’alimentation vivante

Découvert au hasard d’une recherche de recette « tout cru », le site Veg an’Bio, animé par deux passionnées (mère et fille), constitue une base sérieuse pour s’initier ou explorer l’alimentation vivante. Point fort de ce site, il livre, en langue française, des extraits inédits d’ouvrages ou magazines édités en anglais. Au menu, beaucoup d’informations, des recettes, des expériences, des trucs pratiques… et une petite boutique en ligne qui réserve quelques belles surprises !

Des informations

De façon très régulière (plusieurs fois par semaine), Veg an’Bio partage de l’information, des réflexions, des expériences. Vous trouverez, par exemple, sous l’onglet « Manger cru : pourquoi, comment ? » les bases de l’alimentation vivante, des réponses quant au régime idéal par le Dr Gabriel Cousens (auteur de « Conscious eating », un ouvrage dont la traduction est fort attendue ; par ailleurs auteur de « Alimentation, science et spiritualité : se nourrir au XXIe siècle »), les combinaisons alimentaires appropriées dans la réalisation des smoothies verts… Sous l’onglet témoignages, vous pourrez lire de nombreux récits d’expériences vécues, mais aussi des réflexions sur des pathologies dites de civilisation. Un conseil : pour suivre l’actualité du site, inscrivez vous sur la liste de diffusion !

Des recettes, trucs et astuces

Nadège et Colette ont une approche à la fois enthousiaste et pragmatique et souhaitent mettre leurs expériences à la portée de tous. Ce qu’elles proposent est simple et permet de se familiariser avec des produits inédits comme la poudre de mesquite, la farine de lucuma, la pâte de graines de chanvre broyées à froid, le maca en poudre… Grâce au descriptif de l’intérêt nutritionnel de ces produits, vous aurez envie de tester quelques recettes. Vous apprendrez, par ailleurs, tout ce que l’on peut faire avec des fraises : de bonnes idées de saison ! Et pour les moins audacieux, les quelques séquences vidéos seront appréciées : vous saurez par exemple comment réaliser des « laits » végétaux avec un matériel basique.

La boutique

À côté des produits déjà mentionnés, vous trouverez du chocolat cru fabriqué en Grande Bretagne, du cacao, des accessoires de cuisine dont un magnifique couteau vietnamien qui remplace avantageusement la mandoline, sécurité d’usage en plus, et même quelques produits d’hygiène et de soin avec des savons et même une crème hydratante à base de beurre de cacao assez épatante (testée pour vous !).

 

Chocolat cru, mon préféré

Voici un produit vraiment étonnant ! Pour ceux qui comme moi redoutent le goût sucré, il sera parfait. À la première dégustation, ce chocolat surprend par sa texture et son goût, plus proches du cacao que des habituelles tablettes, même les meilleures des bios ! Et surtout, il impose vraiment de prendre son temps pour être pleinement apprécié et que les papilles se familiarisent avec cet inconnu. Résultat : on en mange moins (pas d’effet d’addiction induit par le sucre), mais on profite totalement des bienfaits de ce super aliment, totalement préservés par le mode de fabrication. Attention néanmoins, s’il est important de veiller à consommer des aliments crus, une alimentation 100 % crue n’est pas à recommander sans discernement, comme une panacée. À chacun d’évoluer à son rythme et de procéder à un bilan régulier, avec l’aide d’un praticien de la santé ou d’un nutritionniste spécialisé.

 

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Pour en savoir plus

Veg an’ Bio, manger vivant et végétal pour vivre sain et dynamique !

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Se mettre au vert

Au figuré, il s’agit de se faire oublier ; au propre, il s’agit surtout de s’occuper de soi en s’offrant une pause dans une nature pleinement réveillée. Plus intimement, se mettre au vert, c’est opter pour un plein de chlorophylle, une substance hautement énergisante, dont les légendaires vertus se voient confortées au fil des expériences et des études. Voici l’essentiel du pourquoi et du comment mettre la chlorophylle au menu.

Une substance fascinante

Il y a bien longtemps que la chlorophylle interroge le monde de la recherche, y compris médicale. Dès le début du XXe siècle, la chlorophylle a été considérée comme un moyen efficace de guérison et de cicatrisation. Mais le principal obstacle à son usage était son instabilité à l’état liquide. On lui préféra alors la rapidité des antibiotiques naissants et des antiseptiques chimiques. Pour autant, l’intérêt ne s’est pas émoussé, loin s’en faut.

Protectrice

La chlorophylle, véritable concentré d’énergie solaire, a un formidable effet revitalisant sur l’organisme qu’elle purifie, nettoie, oxygène et permet de maintenir l’équilibre acide-base, grâce à sa richesse en magnésium, minéral tampon de l’excès d’acidité.
La chlorophylle agit très positivement sur la sphère intestinale qu’elle assainit, en contrant le développement des bactéries et levures opportunes. Elle permet ainsi de réguler la fermentation intestinale et donc la production de gaz, protégeant de fait le foie d’un surcroit de toxiques endogènes. Elle a démontré aussi une capacité à protéger le corps de certaines toxines dangereuses, susceptibles d’altérer l’ADN et donc de favoriser la survenue de cancer. L’étude réalisée par le Professeur George Bailey a par ailleurs démonté le mécanisme à l’œuvre. La chlorophylle se comporte comme un chélateur de substances toxiques : elle se lie avec les indésirables et les piège dans le tractus gastro-intestinal jusqu’à ce qu’ils soient éliminés. D’autre part, des tests sur animaux ont mis en évidence sa capacité à protéger des effets des radiations, ce qui en fait aussi un complément des thérapies conventionnelles par radiothérapie.
C’est a priori sa forte concentration en magnésium qui explique certaines de ses capacités, comme l’effet désodorisant, son pouvoir régulateur au niveau de la tension artérielle et ses effets chélateurs.

“La chlorophylle est la principale protéine provenant des rayons du soleil. Un verre de jus vert frais contient une synthèse du soleil, plus le courant électrique nécessaire à la revitalisation du corps. “
Docteur Ann Wigmore « Let there be light »

Régénératrice

Comme déjà évoqué ici, chlorophylle et hémoglobine présentent un structure semblable à la différence près que l’atome de fer du sang est remplacé par un atome de magnésium dans la chlorophylle. C’est cette similitude qui doterait la chlorophylle d’une grande capacité de régénération, en premier lieu par son pouvoir oxygénant. Selon les études de J. H. Hughs et A. L. Latner de l’Université de Liverpool, des animaux anémiés sont capables de transformer la chlorophylle en hémoglobine. C’est aussi ce que constatait le naturopathe américain Bernard Jensen lorsqu’il préconisait de la chlorophylle à ses patients : de simples bains d’eau tiède additionnée de chlorophylle sous forme de jus de jeunes pousses d‘alfalfa entraînaient en quelques semaines une augmentation du taux de globules rouges. Les résultats étaient encore plus rapides quand les patients buvaient des jus verts. Or, il est clair que la respiration cellulaire et donc l’oxygénation au cœur même des cellules est un gage de santé. Le Docteur Otto Warburg, dans son ouvrage « The cause and Prevention of the Cancer » conclut qu’un apport régulier d’oxygène à toutes les cellules du corps constituerait une prévention efficace.
La chlorophylle s’avère également efficace pour accélérer la cicatrisation tant de la peau que des muqueuses.

Cosmétique et chlorophylle
Les qualités de la chlorophylle sont aujourd’hui exploitées en cosmétique pour l’élaboration de certains produits : des produits purifiants (capacité à désodoriser) et produits anti-âge (capacité anti-oxydante).

Manger vert est-il suffisant ?

Certes la consommation régulière de légumes feuilles, intensément colorés, est un choix incontournable pour profiter au long cours des bienfaits de la chlorophylle. Cette consommation sera logiquement intensifiée au printemps comme évoqué dans l’article Le Grand ménage. Mais ceci est insuffisant dès lors qu’un effet thérapeutique curatif est recherché. En effet, la chlorophylle est intimement liée à la cellulose et doit par conséquent être extraite pour être disponible, ce qui suppose une mastication méthodique et longue, que nous pratiquons malheureusement trop rarement. L’alternative consiste alors à ingérer ces légumes feuilles sous forme de jus. C’est d’ailleurs la haute teneur en chlorophylle qui fait toute la valeur des jus d’herbe popularisés par Ann Wigmore dans les années 1950, chlorophylle qui se trouve alors associée à des minéraux, des vitamines et des enzymes… une synergie forcément gagnante. Alternative ultime : des jus verts prêts à consommer ou des compléments sous forme d’extrait de chlorophylle.

Ann Wigmore et l’Institut Hippocrate
Dans les années 50, le Dr Ann Wigmore a largement utilisé les vertus curatives des jus d’herbe pour soigner avec succès différentes maladies. Avec Viktoras Kulvinskas, elle a fondé l’Institut Hippocrate de West Palm Beach (Floride), actuellement dirigé par Brian et Anna Maria Clement. L’Institut Hippocrate s’est imposé comme la référence en alimentation vivante.

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Pour aller plus loin
La couleur dans l’assiette, bien plus qu’une histoire de séduction

• The healing power of chlorophyll, Bernard Jensen, éditions Leslie Goldman
• L’herbe de blé, source de vitalité et de santé, Ann Wigmore, Jouvence

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Manger révèle notre façon d’être au monde

C’est une petite phrase que j’aime à répéter et qui résume au mieux l’état d’esprit ayant motivé la création d’ana’chronique. Ainsi donc l’alimentation n’est pas une finalité, mais un moyen. Un moyen d’expression de ce que nous sommes. Dans « Le yoga de l’alimentation », Charles Eisenstein décrit précisément cette discipline de la non volonté forcée, fondée sur la présence à l’instant et à l’acte, où corps et esprit ne font plus qu’un. Morceaux choisis de cette invitation à vivre – et manger – avec conscience.

À propos de volonté

« L’appel de notre société à la volonté s’étend bien entendu au-delà du régime alimentaire. Nous sommes souvent amenés à penser que, sans elle, nous passerions nos journées à ne rien faire, si ce n’est satisfaire nos besoins et plaisirs les plus urgents. […] La dépendance à la volonté révèle un profond manque de confiance en soi.[…] La vie devient dès lors un régime constant de « je dois » et « je ne dois pas ». […] La véritable fonction de la volonté et de l’autodiscipline est de développer la sagesse et la perspicacité en ces temps d’imparfaite clarté ; se souvenir et suivre les messages de sa voix intérieure. […] Nous nous sentirions tellement plus comblés et plus libres, nous aurions tellement plus de force, si seulement nous cessions de lutter contre la fibre de nos dons et inclinations naturelles, si seulement nous cessions d’essayer d’être ce que nous ne sommes pas et si, à la place, nous utilisions notre volonté pour rester vrais face à une existence dont le but est joyeux et excitant. »

Regard sur soi, regard sur les autres

« Celui qui n’a pas pleinement intériorisé une expérience du monde comme lieu nourrissant, celui qui manque de nourriture intérieure a besoin du confort des aliments pour soutenir son être. […] Il est maintenant clair qu’imiter le régime d’une personne sacrée ne rend personne sacré pour autant. […] L’idée que nous devons nous purger, nous purifier et nous élever spirituellement implique que notre être naturel est sale, impur et bas […] Dans le domaine des régimes comme dans n’importe quel domaine de la vie, le jugement sur soi-même implique toujours un jugement sur les autres. »

La respiration comme outil de réappropriation

« Nous mangeons aussi précipitamment que nous respirons. Nous sommes tout autant paralysés par les appétits authentiques de nos corps, que nous avons perdu le contact avec les rythmes naturels de notre respiration. Retrouver le naturel de la respiration est une pratique et un outil pour retrouver le naturel de manger. »

La recherche du « bon » régime

« Le corps est sage, mais pour accéder à sa sagesse, vous devez communiquer avec lui. En commençant par prêter attention à ce que vous mangez, vous lui donnez la possibilité de savoir ce qu’il ingère. Quand votre attention est ailleurs, que vous mangez machinalement, il ne peut éprouver la nourriture et s’y adapter. Le second aspect de la communication avec votre corps est l’écoute des réponses qu’il vous fournit sur la nourriture que vous lui donnez. […] Les messages des média, et, c’est triste à dire, de notre doctrine médicale, nous rabâchent quotidiennement de nous méfier de nos corps, que nous sommes des victimes presque impuissantes de leurs dépressions arbitraires […] Souvent nos corps nous transmettent une information qui contredit les idées reçues sur ce qui est sain, vertueux ou bon, et ce qui ne l’est pas. Notre confiance est alors mise à l’épreuve […] Si vous écoutez votre corps, il vous guidera vers le régime qui est bon pour vous. »

La sur-adaptation

« La transformation extrême que représentent aujourd’hui les aliments emballés et raffinés – sujets à des traitements chimiques et à une chaleur intense, frelatés par des additifs synthétiques, transportés par delà les continents et les océans – encourage une manière d’être que peu oseraient qualifier de saine. Beaucoup de maladies dégénératives accablant les humains modernes sont liées à notre alimentation excessivement transformée, mais l’impact est encore bien plus profond. Souvenez-vous du principe du karma : à qui dites-vous oui quand vous mangez une nourriture excessivement transformée ? Un régime alimentaire sur-transformé est en parfaite osmose avec une existence sur-transformée. Dans la société moderne, nous menons une vie dans laquelle les forces sociales, économiques et politiques brident notre spontanéité naturelle. »

La monétisation de nos vies

Nourriture et vie transformées sont liées à l’expansion continue du rôle de l’argent dans notre société […] Nous avons monétisé les fonctions domestiques les unes après les autres au point que même les fonctions intimes de cuisine, du nettoyage et de la garde des enfants sont aujourd’hui souvent assurées par des inconnus, payés pour cela. Le domaine de nos vies sur lequel nous sommes souverains ne cesse de se rétrécir.  [ …] Souvenez-vous que l’argent est le plus grand pourvoyeur d’anonymat. C’est lui rend les relations anonymes. De même que la nourriture est la plus grande expression de générosité naturelle, cuisiner et servir les autres est un don humain. À un niveau biologique profond, partager la nourriture revient  à aimer. […] Notre culture a dénigré la cuisine pendant des siècles, la taxant d’abord de travail de femmes et, plus tard, de corvée triviale qu’il est bon d’éviter autant que possible grâce à la technologie. En vérité, la cuisine est une activité essentielle, vénérable, sacrée et en aucun cas insignifiante. Quand vous cuisinez pour ceux que vous aimez, à quel genre d’univers dites-vous oui ? À un monde où l’on est attentif aux autres sans attendre en retour – un univers fondamentalement généreux. »

 

À propos de l’auteur
Suite à l’obtention d’un diplôme en Mathématiques et Philosophie à l’Université de Yale, Charles Eisenstein a vécu à Taïwan, où, après l’apprentissage du chinois, il travailla comme traducteur chinois-anglais. Progressivement, il s’est rendu compte que sa vie ne satisfaisait pas ses aspirations profondes et a opéré une remise en cause radicale, exacerbée par de multiples crises personnelles et professionnelles, qui l’ont conduit à abandonner une perception très formatée de l’existence pour développer une approche fondée sur le caractère sacré de la vie et de ses manifestations et l’exercice de la pleine conscience et de l’auto-responsabilisation.

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Aller plus loin
• Le yoga de l’alimentation, réapprendre l’authentique plaisir de se nourrir, Charles Eisenstein, Le courrier du livre, 2009
• Le site de Charles Eisenstein sur lequel vous trouverez un résumé traduit de ses écrits.

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