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ana’chronique, centre de ressources et d’expérimentation sur l’alimentation, la nutrition et l’écologie domestique

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Insolite, convivial, festif… ana’chronique, maison d’hôtes et espace culturel, est un lieu à nul autre pareil, où se cultivent l’art de vivre et celui de se nourrir pour permettre un total ressourcement du corps et de l’esprit, hors du temps et des contraintes.o

Faites une pause ! Le temps d’un repas, d’une animation (atelier, stage), d’un séjour, à table comme en cuisine, goûtez au plaisir du partage et au bonheur d’apprendre…o

• Des dégustations pour éveiller sens et conscience.
• Une information plurielle pour exercer votre discernement.
• Des ateliers pour stimuler votre créativité et surtout comprendre les grandes Lois du vivant afin d’évoluer, en toute autonomie, vers une assiette pleinement ressourçante et régénérante.

Produits frais, nombre de places limité, réservation indispensable !

 

 

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À très bientôt !

Élisabeth de la Fontaine et Gérard Lecoq


Aux origines du projet

Constat

Le paradoxe du mangeur contemporain
• une offre pléthorique
• l’augmentation de pathologies dites de civilisation
• des recommandations nutritionnelles contradictoires

Objectif

Permettre à chacun de se construire une culture nutritionnelle
• une information plurielle pour exercer son discernement
• le développement de sa créativité par l’observation, la réflexion et l’expérimentation
• la dégustation pour éveiller ses sens et s’ouvrir au monde

Positionnement

Une approche culturelle alliant plaisir et curiosité
• un voyage au gré des saisons et des paysages
• la compréhension des mécanismes d’édification des identités culinaires
• le repas comme espace de socialisation

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Ménage de printemps

Le printemps est une saison vraiment formidable qui nous offre à chaque cycle l’occasion d’approcher un peu plus l’essence de notre Être. En effet, le printemps nous permet de revivre la dynamique de l’adolescence, ce temps hautement structurant où chacun est conduit à « renégocier le contrat », c’est-à-dire faire le tri dans les héritages et habitudes afin de se défaire de ce qui ne lui correspond pas ou plus et d’affirmer ainsi personnalité, et surtout individualité (et non individualisme !). Si l’adolescence, par le chaos qu’elle peut impliquer, se fait parfois violente, le printemps en nous immergeant dans un bain de couleur verte, aux effets apaisants et régénérants bien connus, entre ainsi en résonance sur un plan subtil avec le chakra du cœur. Voici donc venu le temps de l’ouverture…


Ménage de printemps, le stage
Ana’chronique vous propose une immersion de 3 jours au cœur de la nature auvergnate pour écouter chanter les sources et les oiseaux, sentir la fraicheur de l’air dynamiser vos poumons, se laisser bercer par l’explosion de mille nuances de verts et laisser ainsi librement vos sens s’éveiller et se déployer. Cette approche sensorielle trouvera son complément dans l’assiette avec des verdures, des plantes sauvages, des graines germées… associées aux classiques du nettoyage de printemps. Aux plaisirs des sens se mêleront ceux de la connaissance et de l’expérience, biais indispensables pour donner de la saveur aux savoirs.
Nombre de places limitées.
Plus d’information ici.

Le temps de l’affirmation de Soi

L’adolescence est souvent assimilée au printemps de la vie, période où l’individu sort de l’enfance et se construit son propre référentiel de valeurs pour avancer de manière plus autonome dans l’existence et partir ainsi à la conquête du monde et de lui-même. Période de chamboulement hormonal et de métamorphose physique, elle invite à muer d’une certaine façon, c’est-à-dire à se défaire de ce qui a été, à distinguer dans l’héritage transmis ce qui sera conservé et ce qui doit être abandonné afin d’évoluer vers l’autonomie. Ce grand moment de remise en cause correspond à la fameuse crise d’adolescence, nécessaire et salutaire, mais qui peut passer par un rejet total des parents et de toute forme d’autorité, la finalité étant de permettre à l’individu de se distinguer, d’affirmer sa singularité et de s’affranchir ainsi des tutelles, c’est-à-dire des projections les plus diverses, conscientes et inconscientes, dont il a été l’objet, mais aussi des normes. C’est l’âge où il explose les cadres, teste ses limites et aspire alors à être respecté dans sa différence, ce qui peut parfois générer de la colère, émotion attachée au Foie selon la médecine traditionnelle chinoise, le Foie étant l’expression et la manifestation du Moi et de la volonté. Or le Foie est l’organe dont l’activité est maximale au printemps, saison qui offre à chacun d’entre nous l’occasion d’opérer un grand ménage tant physique que psychologique. Au moment de l’adolescence, si l’individu éprouve des difficultés à s’affirmer et à faire reconnaître la singularité de son don, il peut devenir extrêmement vulnérable à de nouvelles dépendances et notamment celles des paradis artificiels, qui offrent un échappatoire… totalement illusoire s’il n’est pas dépassé.

La force de croissance du printemps

Enclins à nous extérioriser, mus par des projets, dynamisés par la lumière, nous éprouvons le besoin de nous délester, de nous défaire de nos vieilles pelures pour nous sentir comme neuf dans un cycle neuf. Il s’agit de faire peau neuve tout simplement. L’énergie du Foie nous convie à fluidifier nos pensées et notre organisme, à laisser de nouveau circuler librement en nous les principes de vie, à l’instar de la sève chez les végétaux. C’est donc le moment idéal de grandir intérieurement, d’opérer une nouvelle poussée qui nous permettra d’approcher encore un peu plus notre Essence. Il nous appartient alors de savoir tirer profit de l’activité du Foie pour débloquer colère et ressentiment, toute émotion et tout ressenti liés au fait de ne pas avoir été respecté, ou d’avoir été abusé, trahi… non reconnu. Si la saveur acide, associée au Foie, assure le travail de fluidification, trop d’acide peut conduire à l’explosion. Aussi, pour gérer ce délicat passage, la Nature nous enveloppe de vert et nous livre des saveurs amères qui l’un comme les autres vont soutenir le Cœur afin de nous permettre d’opérer cette croissance et cette affirmation sans violence, en ayant le verbe et le geste justes. Nous pourrons alors rayonner de cette énergie subtile et puissante que nous nommons l’Amour et qui sera au maximum de son extériorisation avec l’été.

Quand commence réellement le printemps ?
Cette question peut paraître stupide puisque le calendrier en vigueur dans nos sociétés nous indique officiellement la date du 20 mars qui correspond à l’équinoxe de printemps. Mais est-ce si sûr ? En relisant les propos de Jeanne Rousseau, qui a beaucoup travaillé avec Louis Claude Vincent, le père de la bioélectronique, j’ai découvert que dans la civilisation celte, équinoxes et solstices marquaient le milieu de saison et cette conception m’est apparue pleinement logique puisque calée sur le degré d’intensité lumineuse. D’ailleurs, le calendrier chinois débute en février, tout comme l’année agricole débute avec la Chandeleur, et la tradition des herbes de la Saint-Jean nous rappelle que les principes actifs des végétaux développent leur plein potentiel au moment du solstice d’été, lorsque la lumière est maximale. Et cette année, j’ai été frappée de constater à quel point les manifestations du retour de la vie étaient bien perceptibles dès février.
Le décalage existant entre notre calendrier officiel et le cycle solaire n’a rien d’anecdotique et nous conduit à vivre encore un peu plus en étant déphasés, désaccordés.

Accompagner le renouveau

À la campagne et au niveau alimentaire, cette transition se faisait de fait puisque les réserves hivernales arrivées à leur terme, il fallait compter sur les sauvages, drainantes, reminéralisantes et donc restructurantes et régénérantes par l’apport en chlorophylle et en eau végétative hautement dynamisée par les forces de croissance alors à leur maximum d’activité. Par ailleurs, le printemps marquant le retour des travaux des champs et des jardins, l’individu se trouvait naturellement confronté aux Éléments qui allaient tout à la fois le soutenir et l’aguerrir. Comme le monde contemporain nous éloigne de plus en plus des énergies à l’œuvre dans la Nature, il nous faut produire un effort pour retrouver cette dynamique de saison. Jeûne, Carême, détox ou retraite en pleine nature sont autant de façons conscientes de s’accorder une pause pour se remettre en cause, se défaire de vielles habitudes obsolètes et de dépendances diverses, amorcer un nouveau cycle, se repositionner et poursuive son propre chemin en individu libre. Le regain d’intérêt pour ce type d’expérience trahit bien l’émergence d’une nouvelle aspiration au sein des populations « riches », révélant ainsi l’incapacité du matérialisme à combler les besoins essentiels de créativité et de réalisation de soi. L’avoir ne saurait satisfaire l’être.

 

L’offre de printemps chez ana’chronique
En plus du stage Ménage de printemps, ana’chronique propose d’autres opportunités de vivre le renouveau du printemps. Pour les plus autonomes, l’atelier théorique dédié aux « Jeûne et jeûne intermittent »  (vendredi 31 mars) permet de comprendre les fondements et les changements physiologiques inhérents à ces pratiques ainsi que les façons de les mettre en œuvre. De même l’atelier « Détox, mode d’emploi », non programmé cet année, reste accessible dès lors que 3 personnes sont intéressées.
Pour ceux qui souhaitent bénéficier d’une dynamique de groupe, Sophie Gugliandolo propose 2 séjours de retour à soi. Le premier, du 17 au 21 avril, intitulé « Corps & Âme » s’assimile à une retraite guidée (plus de détails ici) ; le second, du 20 au 26 mai, est un jeûne de 6 jours assorti de marche, travail vocal et Qi Gong (plus de détails ici).

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Se sucrer le bec ou comment ruiner sa santé

Depuis longtemps pointé du doigt, le sucre est, selon Michel Raymond*, l’aliment dont la consommation massive a été la plus brutale. Du produit de luxe assimilé à une épice, voire un remède, le sucre est devenu, grâce à la découverte du Nouveau Monde et à la réinstauration de l’esclavage, un produit bon marché. Le sucré, saveur extrême de la douceur primordiale, a envahi nos vies au point de nous faire croire que nous vivons une éternelle trêve des confiseurs. Mais à quel prix ?

Du doux au sucré

L’alimentation humaine a toujours comporté une part de douceur car nombre d’aliments sont des pourvoyeurs de glucides sans pour autant être du sucre ! La première grande révolution alimentaire, consécutive au développement de l’agriculture, a fait des céréales et plus modestement des légumineuses, les piliers des apports quotidiens. Ce changement majeur a, selon les anthropologues, eu des répercussions rapides sur la santé avec notamment altération des dents et des squelettes. La seconde révolution a été induite par le développement de la canne à sucre sur des terres nouvellement découvertes. Parallèlement, l’engouement pour les boissons amères issues de ces contrées lointaines, cacao et café, contribua à faire augmenter la demande. Le Procope, premier café parisien si cher aux intellectuels, est l’un des initiateurs de cette consommation, ce qui fait dire à Olivier Soulier*, non sans ironie : « on a réinventé l’esclavage, aboli sous les Romains, pour permettre aux philosophes de philosopher ». À méditer…
Si au XVIIe siècle, les desserts sophistiqués font une apparition très marquée sur les tables aristocratiques soucieuses de distinction, il faut attendre le XIXe, avec notamment la mise au point du raffinage des betteraves par Benjamin Delessert pour que le sucre pur devienne un produit de consommation plus courant, grâce notamment à la chute de son prix. En effet, Napoléon désireux de contrer le blocus maritime, qui oppose la France à l’Angleterre et empêche l’arrivée du sucre de canne des Antilles, voit dans cette découverte une nouvelle richesse pour la France et ordonne par décret la plantation de 100 000 hectares de betterave. La France devient ainsi le premier producteur de sucre de betterave. Mais le boom au niveau de la consommation s’est produit véritablement après la seconde guerre mondiale. Et les statistiques donnent le tournis, de quelque 2 kg/an/pers au XIXe siècle, la consommation atteint 36 kg dans les années 1970 pour se stabiliser à quelque 34 kg actuellement en France. Néanmoins ce tassement est trompeur car si la consommation directe a bien un peu baissé, la consommation indirecte, elle, par le biais des produits transformés, reste très élevée, voire augmente. Veronica Van der Spek* avance même que la consommation totale serait 20 fois supérieure à nos besoins.

Le sucre appelle le sucre

Chacun en a fait l’expérience, le sucre stimule l’envie de remanger, ce qu’a parfaitement bien compris l’industrie qui glisse du sucre un peu partout, y compris dans les charcuteries. Et ce qui est vrai pour la seule appétence n’est que le reflet d’un appel interne induit par les variations de la glycémie. En effet, toute ingestion de sucre simple, tel le sucre de table (saccharose) ou tout produit sucré composé de glucose, entraîne une élévation rapide du taux de glucose sanguin et par voie de conséquence d’insuline, destinée à ramener ce taux dans une limite acceptable. Car si le glucose constitue l’un des carburants du cerveau (nous verrons ultérieurement qu’il fonctionne mieux en fait avec des graisses), celui-ci supporte mal les grandes variations, aussi bien dans un sens que dans l’autre. Au fil du temps, ces ingestions répétées appelant des réponses extrêmes finissent par déséquilibrer les mécanismes régulateurs, générant tout d’abord une hypoglycémie silencieuse, porte ouverte à un diabète de type 2. Consommer de façon régulière et répétée des produits sucrants et sucrés n’est donc en rien anodin et relève du cercle vicieux puisque l’hypoglycémie engendre le besoin de consommer… du sucre ! Il est à noter également que les fumeurs, les alcooliques, les grands buveurs de café, les récidivistes des régimes, entre autres, sont aussi victimes d’hypoglycémie.

Sucre et humeur, liaison dangereuse
Les recherches sur l’addiction au sucre sont nombreuses et révèlent de nombreuses interactions avec les neurotransmetteurs. Par exemple, le sucre contribue notamment à augmenter la synthèse de la sérotonine, ce neurotransmetteur régulateur de l’humeur dont la vertu principale est de calmer. En parallèle, l’insuline sécrétée en réponse à l’ingestion de sucre, stimule la pénétration de la sérotonine dans le cerveau, générant une sensation de calme et de bien-être certes, mais d’une durée incroyablement brève, une heure à une heure et demie au maximum. À la clé se manifesteront l’irritabilité, l’impatience, la nervosité, l’agressivité… appelant un nouvel apport de sucre. En fait, tout se passe donc comme si le sucre nous rendait dépendants de son effet sédatif passager, exactement comme une drogue. D’après Julia Ross*, nous serions en fait dépendants aux endorphines que l’organisme sécrète après l’ingestion de sucre…

La gestion de la glycémie, une clé de l’indépendance

Si l’enfant nouveau né éprouve le besoin de manger souvent, il acquiert au fil du temps la capacité à gérer ses réserves énergétiques et donc à espacer ses prises alimentaires. Il passe ainsi de la dépendance totale à la mère à l’indépendance qui lui permet de jeûner pendant un temps de plus en plus long. Pour Olivier Soulier, cette capacité s’assimile à l’accession à une certaine forme de sagesse, signe de maturité, qui permet à l’individu de devenir autonome. Au contraire, les sucres rapides et les ingestions répétées qu’ils suscitent enferment l’individu dans la dépendance. C’est pourquoi le sucre, et plus encore ses effets sur le cerveau, sont comparés à ceux de la cocaïne, ce qui donne grandement à réfléchir sur nos consommations quotidiennes qui cumulent sucres simples et sucres complexes (céréales notamment). Anecdote éloquente, Serge Ahmed, directeur de recherche au CNRS et par ailleurs auteur d’une étude sur l’addiction due au sucre, invité à commenter les résultats d’une récente étude américaine, menée par l’ONG Environemental Working Group (EWG), sur les céréales du petit déjeuner, mentionne : « Le plus surprenant est que les industriels appellent ces produits des céréales alors qu’il s’agit en réalité de sucreries. » Une belle invitation à la vigilance car l’ingestion, dès le lever, de produits très sucrés est la garantie de devoir affronter à court terme le fameux coup de barre de la fin de matinée. Changer le contenu de son petit déjeuner est alors la première des résolutions à prendre pour ne pas succomber avec rage à cet appel que la seule volonté est incapable de contenir.

Quel est donc l’impact du sucre sur l’organisme ?

Il s’avère que le sucre raffiné, par son déséquilibre propre, induit des déséquilibres en cascade à l’intérieur de l’organisme. Si le diabète de type 2 ou gras est relativement bien connu, il n’est pas la seule conséquence car le sucre agit de manière insidieuse pour saper notre santé et se révèle dès lors impliqué dans de multiples pathologies. Voici donc les principaux effets connus à ce jour.
• Carence minérale et déminéralisation
La perte minérale est le premier effet de l’ingestion de sucre raffiné qui, dépourvu de ses minéraux d’origine, est un acide. Pour mémoire, le sucre complet contient de 1 500 à 2 900 mg de sels minéraux, (calcium, potassium et magnésium), alors que le sucre blanc n’en contient que 30 à 50 mg. Il a donc besoin pour être métabolisé d’être tamponné par un apport minéral (dont le calcium, le magnésium et le potassium), soit issu de la nourriture, soit pris sur les réserves organiques que sont les dents, les os, les vaisseaux…
Le Magnésium est particulièrement sollicité, alors même qu’il fait déjà défaut dans l’alimentation, consécutivement à l’appauvrissement des sols. Ce phénomène entraîne une inflammation interne par surcharge acide. L’équilibre minéral du zinc et du chrome est également affecté. Résultat : carence en minéraux, doublée d’une déminéralisation de l’organisme, qui ouvre la porte à d’autres déséquilibres (caries, ostéoporose, affections vasculaires…).
• Affaiblissement du système immunitaire
En plus de la perte minérale qui affecte aussi l’immunité, il faut savoir que la vitamine C utilise le même mécanisme pour pénétrer les cellules que le glucose, qui, lui, pénètre de façon privilégiée. Donc plus le niveau de sucre sanguin est élevé, plus le glucose entre dans les cellules, au détriment de la vitamine C. L’insuline, sécrétée par le pancréas pour répondre à l’augmentation du niveau de sucre sanguin, inhibe aussi l’absorption par les reins, ce qui signifie que l’ingestion de glucides entraîne l’excrétion de la vitamine C par les urines au lieu de la retenir dans le corps.
Au niveau de la flore intestinale, les bactéries et levures opportunes pathogènes profitent du sucre pour se développer en surnombre, ce qui induit une digestion incomplète et à terme une altération de la muqueuse intestinale, avec à la clé le développement des candidoses, des allergies, mais aussi des troubles du comportement. Enfin, il a été observé en laboratoire que l’ingestion de sucre sous toutes ses formes pouvait inhiber l’activité des lymphocytes, également tributaire du zinc.
• Vieillissement prématuré
Une des voies d’action des sucres sur le vieillissement est la glycation ou réaction de Maillard, un ensemble de réactions non enzymatiques des protéines. Lorsque des molécules de sucre, quelle qu’en soit la nature, se lient à des protéines, apparaissent des PTG, produits terminaux de la glycation. Les PTG augmentent au cours du vieillissement et ont notamment pour particularité de ronger le collagène et l’élastine, ce qui entraîne une altération des différents tissus, dont les vaisseaux. Ils sont impliqués dans la polyarthrite rhumatoïde, la maladie d’Alzheimer, la dégénérescence maculaire, la fibrose, le diabète… et les rides !
Le fructose se lie davantage aux protéines que le glucose. Attention donc au fructose de synthèse, au sirop d’agave (90 % de fructose) et surtout au sirop de maïs hydrolysé ou HFCS ou encore isoglucose présent dans de nombreux produits industriels.
Enfin, tout excès de sucre et notamment de fructose entraîne une élévation des triglycérides, c’est-à-dire des gras circulants.
• Sucre et cancer
Il a été démontré un lien direct entre taux d’insuline et certains cancers comme celui du sein, du pancréas, de la prostate, du côlon… Des recherches ont établi que l’ingestion de sucre alimentaire pouvait réduire la durée de vie de souris porteuses de tumeurs, trop de sucre ayant un effet négatif sur le système immunitaire. On sait aujourd’hui que les cellules cancéreuses sont de grosses consommatrices de sucre. En parallèle, la dérégulation de la glycémie entraîne une hyperinsulinémie corrélée à une hyperleptinomie, soit un excès de leptine. Outre son rôle d’hormone de la satiété, la leptine est impliquée dans l’angiogenèse (vascularisation), processus normal lors du développement embryonnaire, mais pathologique lors de la croissance des tumeurs. Enfin, n’oublions pas les travaux d’Otto Warburg (prix Nobel en 1931) qui en 1923 montraient que les cellules cancéreuses fermentaient du glucose pour produire leur énergie au lieu de carburer à l’oxygène. Ce que fit dire à certains que le sucre nourrit le cancer… D’autres études ont avancé que non seulement il le nourrit, mais il le génère.
• Perturbations hormonales
Michel Raymond, dans « Cro-magnon toi-même », précise qu’il existe un lien entre consommation de sucre, insuline et hormone de croissance. Par exemple, le sucre induit un dérèglement de la croissance des nerfs optiques. Michel Raymond cite les Inuits chez qui on a noté une augmentation très marquée des très fortes myopies après introduction du sucre et ce, en seulement 20 ans, alors que la myopie était extrêmement rare. De même l’acné, considéré comme normal dans les sociétés occidentales, est inconnu dans les sociétés primitives. Il rapporte aussi un déséquilibre global des sécrétions hormonales, origine des kystes ovariens, de certains cancers (sein, prostate, côlon), d’hypertension, de calvitie…
• Troubles du comportement et maladies mentales
Comme nous l’avons évoqué, les trop grandes variations de la glycémie affectent le cerveau. L’hypoglycémie, c’est-à-dire la baisse du niveau de sucre sanguin, est source de nervosité, d’irritation et de violence. Des expériences menées dans des écoles et des prisons ont montré que la suppression des produits sucrés et sucrants a pour conséquence immédiate un plus grand calme, une plus grande attention, moins de violence et moins de dégradations matérielles.
Sachez aussi que statistiquement, les dépressifs sont plus nombreux parmi les diabétiques.
À noter également que la perte minérale en magnésium, induite par la consommation de sucre, contribue à altérer l’humeur.
Enfin, le sucre serait également responsable de la dégénérescence telle qu’observée dans la maladie d’Alzheimer (que certains qualifient de diabète de type 3), par déséquilibrage du mécanisme du cholestérol indispensable au fonctionnement cérébral.

À travers cette liste, il devient évident qu’une grande vigilance s’impose vis-à-vis de la consommation de sucre, notamment chez les jeunes enfants afin de ne pas créer l’addiction fatale. Et n’oubliez pas que tous les produits céréaliers raffinés sont des sources de glucides dépourvues de minéraux et ont par conséquent les mêmes effets que le sucre blanc. Diminuer ses apports est donc le premier geste à poser pour s’assurer de beaux jours. Nous verrons donc dans un prochain article comment réguler nos apports, sans renoncer à la douceur !
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Pour aller plus loin
• Cro-magon toi-même, Petit guide darwinien de la vie quotidienne, Michel Raymond, Seuil, 2008
• Nutrition et bien-être mental, pourquoi et comment notre alimentation influence notre cerveau, Veronica Van der Spek, de boeck, 2009
• Libérez-vous de vos fringales, Julia Ross, Thierry Souccar édition pour la traduction française, 2011
• Le sens caché de nos dépendances, docteur Olivier Soulier, in Biocontact, mars 2007, consultable sur http://www.lessymboles.com

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C’est de saison, c’est local, c’est sain et c’est bon !

Suite à un appel à projets dédié à l’éco-citoyenneté lancé par la région Rhône-Alpes Auvergne, Amandine Pourrat, ambassadrice énergie de la nouvelle cocom Ambert Livradois-Forez, a souhaité explorer ce thème sous l’angle de l’alimentation saine et locale et fédérer des acteurs au statut et au rôle différents (entreprise, producteurs, épicerie sociale…) afin de construire un programme d’actions diversifié, s’adressant à tous les mangeurs. L’objectif est de susciter des prises de conscience et de conduire à une évolution des comportements visant à privilégier les circuits courts, et s’appuie donc sur une valorisation du territoire, de ses acteurs et de ses ressources.

Ce projet ayant reçu un avis favorable, voici ana’chronique associé à cette belle et stimulante aventure qui permet d’aller au-devant d’un public qui n’aurait pas nécessairement franchi de façon spontanée le seuil de notre maison et permet aussi de retrouver le goûts des rythmes saisonniers dont nous avons perdu de vue le caractère structurant et qui pourtant conditionnent notre santé physique et notre moral.
Dès mars, ana’chronique interviendra en entreprise privée, Tresse Industrie en l’occurrence, auprès d’un public varié regroupant personnel d’atelier et de bureau pour un premier rendez-vous dédié au printemps.
4 temps forts en 2 volets sont ainsi programmés, histoire de se remettre en phase avec l’énergie de chaque saison et les ressources offertes localement. Ce faisant, il s’agit aussi de montrer qu’il est possible de manger sain, équilibré et gourmand, sans dépenser des fortunes.
À l’approche globale de la saison, de ses ressources et de la valeur de celles-ci, animée par ana’chronique autour de dégustations, succédera un atelier à vocation plus pratique et toujours aussi gourmande sous la houlette de Lise Durand et Catherine Fages de la Marmite écologique.
Le premier atelier aura lieu le 24 mars !

D’autres rendez-vous, festifs et/ou informatifs sont au programme : randonnée gourmande, marché de producteur, films, table-ronde…

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D’Amour et d’eau fraîche…

Voici bien les plus fondamentaux de nos besoins mais, en vivre, nous a-t-on inculqué, est impossible au nom de la Réalité économique, qui, comme la dette, n’est pourtant qu’un stratagème d’asservissement. Toute notre vie est aujourd’hui conditionnée par l’économie et les objectifs de rentabilité. Les expressions courantes en témoignent : gagner sa vie, vivre chichement, réussir à vivre de son activité… Or la vie est un don, comme l’Amour. Il est amusant de constater que cette même réalité économique a dévoyé le don d’amour pour en faire un lien conditionné (nous agissons dans le but d’obtenir une contrepartie) et, dans un élan individualiste et matérialiste, lui a substitué le sucre qui, soyons lucides, n’est qu’un leurre qui étouffe dans l’œuf toute velléité d’indépendance.
Quant à l’eau, dont la qualité est plus que dégradée à force de pollutions induites par cette chère réalité économique productiviste, la voici agressée, pour ne pas dire assassinée dans sa capacité à supporter et structurer le vivant par la prolifération des antennes qui couronnent en vainqueur les châteaux d’eau et s’invitent désormais dans l’intimité des foyers via les compteurs prétendus intelligents.
Tout pouvoir ayant son contrepouvoir, gageons que l’intelligence du cœur, soutenue dans son ouverture par la vague de chlorophylle printanière, nous invite à considérer d’un œil neuf les promesses du tout techno, et notamment celle de ces réseaux dits sociaux, qui à coup de « j’aime » ne sont que des collecteurs de données à vocation commerciale, hautement énergétivores et totalement addictifs. Comme le dit le Yi King, un lien d’or est toujours un lien pour qui se laisse aliéner.

En ce printemps naissant, je nous souhaite de retrouver la saveur de l’Amour et celle de l’eau fraîche.

Bien à vous,

Élisabeth de la Fontaine

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Du caractère sacré de l’acte nourricier

Si j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer les liens entre amour et cuisine, il me semble important d’apporter aujourd’hui un nouvel éclairage pour permettre de comprendre combien le fait de réinvestir le champ culinaire est un acte fort de volonté de changement et d’accomplissement, et plus encore un cadeau fait à soi, à autrui, à l’environnement… Comme j’ai l’habitude de le dire au cours de mes animations, le contenu de notre assiette compte autant que la façon dont nous le mangeons, à laquelle il faut ajouter la façon dont nous le préparons.

« Cuisiner est autant un exercice de générosité, d’humanité qu’un outil d’épanouissement personnel : une méditation active qui convoque émotion, sensorialité, mémoire et gratitude. »
Perla Servan-Schreiber, Le bonheur de cuisiner, éditions La Martinière

Un exercice du don de soi

Alors que le repas en tant que communion est couramment qualifié d’acte sacré, le fait de cuisiner est souvent oublié, renvoyé vers une sorte de logistique quelque peu avilissante, entre pluches et plonge. Des cuisines de restaurant que j’ai eu l’occasion de visiter, me reste pour la plupart d’entre elles le souvenir d’espaces contraints, à l’ambiance froide entre faïence et inox, à l’éclairage au néon, donnant sur une arrière cours sans âme, saturés d’odeurs et de bruits… Dans l’approche indienne, la cuisine est un temple : n’y entre que celui qui en est digne, tant physiquement que mentalement. Et cuisiner est un acte sacré. De fait il l’est puisque toute notre nourriture repose sur le sacrifice d’autres formes de vies au service de la nôtre. Or le sacrifice nous renvoie au fait de rendre sacré. Cuisiner devient alors une responsabilité des plus importantes qui exige beaucoup de la part de celui qui en a la charge. Trop souvent appréhendé comme une corvée, une contrainte ou une perte de temps, cet acte nous renvoie au rôle nourricier primordial, initialement et biologiquement dévolu à la femme, un rôle fait d’attention et de don au service d’autrui.
Nous pouvons donc légitimement nous interroger sur les conséquences des aspirations d’un monde qui, sous prétexte d’égalité, a conduit les femmes à s’identifier à des hommes, les obligeant à moult pirouettes pour remplir leurs innombrables rôles. Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de renvoyer les femmes au foyer, mais de reconnaître l’importance et la noblesse du rôle qu’elles sont amenées à y jouer. Nuance ! Car ce faisant, le rôle premier a été doublement dévalorisé puisque de non reconnu, il est devenu méprisé au profit des activités socialement visibles et marchandées et du prêt à ingérer, qui revient à confier à un tiers dépersonnalisé la charge de prendre soin de soi. Dangereux.
L’acte de cuisiner y a ainsi perdu son sens de synergie et de transmutation des énergies émanant tant de la Terre que du Ciel ; cuisiner consistant en la mise en œuvre – consciente et inconsciente – d’une intention (pensée issue de l’information de l’air, soit l’inspiration) dans l’action de transformation des aliments issus de la Terre au bénéfice de la manifestation de l’Être ; manifestation autant physique, que mentale et émotionnelle.

Pourquoi réinvestir le champ culinaire ?

C’est en réfléchissant à la diète GAPS de Natasha Campbell McBride qu’il m’est apparu évident que les raisons de son efficacité tiennent aussi à sa mise en œuvre, qui exige de la part des parents d’accepter de consacrer du temps et de l’attention à l’élaboration des repas. Or s’investir de la sorte est un signal fort au sein de la famille qui manifeste un « je suis ici pour t’aider et t’accompagner vers l’autonomie » et permet de rétablir une communication non verbale à vocation thérapeutique (PM, la diète GAPS a été mise au point pour guérir de nombreux troubles du comportement, y compris l’autisme et la schizophrénie). En effet, s’investir, c’est aussi investir les aliments d’une intention. Je garde en mémoire l’expérience menée avec des boulangers invités à pétrir et façonner la même quantité et qualité de farine, d’eau et de levain. Puis après cuisson dans le même four, avait été réalisée une analyse au moyen des cristallisations sensibles. Chaque pain a donné lieu à une cristallisation singulière prouvant ainsi que notre état d’Esprit imprègne la matière que nous transformons.
De son côté, Masaru Emoto, dont les photos de cristaux d’eau ont fait le tour du monde, s’était prêté à des expériences avec une diététicienne pour évaluer d’une part le « hado » ou énergie des aliments et l’impact des modes de cuisson et de l’état d’esprit. Sans surprise, le prêt à consommer industriel vibrait moins que le fait maison, dont la vibration pouvait être augmentée dès lors que la préparation s’effectuait avec des pensées d’amour et de gratitude. À noter que des pensées exprimant des reproches ou de la haine voyaient le  fait-maison devenir pire que l’industriel !
Réinvestir le champ culinaire ne doit pas se faire sous l’effet de la contrainte, mais d’un choix volontaire et assumé, en ayant conscience de la portée de l’acte.

Cuisiner fait du bien

La cuisine exige présence et attention sous peine de devenir potentiellement un jeu dangereux entre coupures, brûlures, casse, débordement… Ainsi, nous nous devons de mettre en sourdine nos tracas pour rester centré, concentré sur ce que nous faisons et qui devient un acte de pleine conscience. Le rapport aux formes, aux couleurs, aux textures et aux saveurs fait du cuisinier un observateur, un compositeur, un chef d’orchestre, un interprète… un artiste. Personnellement, il m’arrive – lorsque je suis fatiguée – de commencer à cuisiner un peu à reculons et progressivement au fil des préparatifs de me sentir ragaillardie, comme portée par ce qui émerge et se met d’une certaine façon à chanter. Et je me laisse alors guidée par l’intuition du moment, entre bricolage et création. Aucun plat ne ressemble au précédent, ni même suivant ; l’inspiration se renouvelant au gré des produits, des circonstances, des ambiances… Cette spontanéité et cette confiance libèrent l’expression. Pour moi, c’est un hommage au vivant. Plusieurs participantes à mes ateliers avouent s’être totalement désinhiber et appréhendent désormais la cuisine avec plus de légèreté.
Au-delà de l’expérience qui est la mienne, la prolifération des blogs culinaires, qui sont souvent le fait de femmes, fondés sur une volonté de partage de menus bonheurs gourmands signe d’ailleurs le grand retour en force du plaisir de cuisiner et d’exercer en toute simplicité sa créativité, sans ambition de performance. Car ce qui fascine et enthousiasme dans cette dynamique est que la cuisine du quotidien s’en trouve renouvelée, continuellement réinterprétée, pleinement revivifiée. Très souvent aussi se dévoile en marge des recettes, des ressentis, des coups de cœur, des aveux… qui humanisent ce qui n’est froidement qu’un mode d’exécution. S’il existe certes des blogs consacrés aux classiques, force est de constater que l’imagination se débride sous l’effet conjuguée de la contrainte ou de la curiosité, qu’il s’agisse d’introduire de nouveaux produits, de revisiter des standards sans gluten ou caséine par exemple ou d’inventer de nouvelles références pour les tendances émergentes que sont dans des styles différents le végétalisme, le crudivorisme, le paléo, le cétogène…
Enfin soigner les découpes, les présentations, oser les couleurs et les textures différentes sont autant de façons de parfaire l’ouvrage, de satisfaire tous les sens et de nourrir au-delà de la gustation, tel un chemin d’éveil qui ne peut susciter que la gratitude, nous préservant du compulsif et/ou du mécanique.

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