Bienvenue sur le blog d’ana’chronique

ana’chronique, centre de ressources et d’expérimentation sur l’alimentation, la nutrition et l’écologie domestique

Pour visiter le site d’anachronique…


Insolite, convivial, festif… ana’chronique, maison d’hôtes et espace culturel, est un lieu à nul autre pareil, où se cultivent l’art de vivre et celui de se nourrir pour permettre un total ressourcement du corps et de l’esprit, hors du temps et des contraintes.o

Faites une pause ! Le temps d’un repas, d’une animation (atelier, stage), d’un séjour, à table comme en cuisine, goûtez au plaisir du partage et au bonheur d’apprendre…o

• Des dégustations pour éveiller sens et conscience.
• Une information plurielle pour exercer votre discernement.
• Des ateliers pour stimuler votre créativité et surtout comprendre les grandes Lois du vivant afin d’évoluer, en toute autonomie, vers une assiette pleinement ressourçante et régénérante.

Produits frais, nombre de places limité, réservation indispensable !

 

 

Et pour garder le contact, n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter mensuelle ! Attention, pensez à confirmer votre inscription grâce au message automatique que vous recevrez et surtout vérifiez bien vos spams, indésirables et filtres divers…

À très bientôt !

Élisabeth de la Fontaine et Gérard Lecoq


Aux origines du projet

Constat

Le paradoxe du mangeur contemporain
• une offre pléthorique
• l’augmentation de pathologies dites de civilisation
• des recommandations nutritionnelles contradictoires

Objectif

Permettre à chacun de se construire une culture nutritionnelle
• une information plurielle pour exercer son discernement
• le développement de sa créativité par l’observation, la réflexion et l’expérimentation
• la dégustation pour éveiller ses sens et s’ouvrir au monde

Positionnement

Une approche culturelle alliant plaisir et curiosité
• un voyage au gré des saisons et des paysages
• la compréhension des mécanismes d’édification des identités culinaires
• le repas comme espace de socialisation

Publié dans • À découvrir… | Laisser un commentaire

3 mars 2018 • Les perturbateurs endocriniens, les connaître, les éviter et s’en protéger par l’alimentation

Les perturbateurs endocriniens, les connaître, les éviter et s’en protéger par l’alimentation

Journée organisée par Anis étoilé

Parmi les nombreuses pollutions environnementales auxquelles nous sommes exposés, les perturbateurs endocriniens constituent un ensemble multiple et complexe qui déjoue l’appréhension ordinaire en matière de toxicologie puisque avec eux, ce n’est pas nécessairement la dose qui fait le poison. Si les effets de ces substances sur le système reproducteur sont mieux connues, leur impact nous affecte de façon plus globale car le système endocrinien est à la base du développement de notre organisme et de son fonctionnement physique, émotionnel et mental. Préserver son équilibre est donc un enjeu vital.
Si l’identification de ces substances dans notre quotidien nous permet d’en éviter certaines, force est de constater qu’il n’existe aucune parade absolue puisqu’ils sont désormais présents partout y compris dans l’eau, l’air et les sols. Au-delà de l’évitement lorsqu’il est possible (et fortement conseillé notamment durant la grossesse), il importe donc de renforcer notre organisme ou terrain pour optimiser nos capacités de détoxification.

Une approche théorique suivi d’un atelier-repas spécial détox

En pratique
Date

Samedi 3 mars
Lieu

Anis étoilé • Maison des paysans • Lempdes
Horaires

de 16 h à 21 h30
Participation forfaitaire
10 €
Inscriptions
Auprès d’Anis étoilé : anis.etoile@fr.oleane.com
www.anisetoile.org
Tél : 04 73 14 14 13/ 06 44 93 51 07

Publié dans Agenda | Commentaires fermés

Programme du printemps 2018

Le rythme des saisons

Alors que nous sommes bousculés de toutes parts, ana’chronique invite à se reconnecter aux rythmes du vivant et à s’inscrire dans cette vaste respiration annuelle, véritable danse orchestrée par les saveurs et les couleurs. En retrouvant le lien à la Terre (5e saison chinoise), point d’ancrage à partir duquel les mouvements propres à chaque saison peuvent se manifester, nous saisissons combien les ressources alimentaires du moment soutiennent cet élan et accompagnent notre épanouissement
Plusieurs rendez-vous sont proposés : atelier théorique pour saisir l’énergie de la saison, son influence sur l’organisme et le psychisme et la façon d’optimiser l’opportunité offerte par l’alimentation ; atelier-repas pour savourer les ressources du temps présent et stage pour s’imprégner, se nourrir et se mouvoir selon le rythme de la saison.

Mars
• L’énergie du printemps, le temps de l’éveil • atelier théorique • vendredi 16 mars
Mille et une nuances de vert marquent ce temps de renouveau durant lequel le foie s’active, invitant à un grand ménage interne avec enthousiasme et bienveillance pour que nos aspirations osent se déployer au grand jour.
• Desserts de légumes, éloge des racines • atelier pratique • samedi 17 mars
Quand les légumes sortent du registre salé pour concocter des desserts colorés, sains, insolites et riches en nutriments…
• Savourer le printemps • atelier-repas
Jeudi 29 mars en soirée et samedi 31 mars en matinée
Le potager s’éveille à peine, les ressources hivernales s’épuisent… Tablons sur les sauvages, les graines germées, les ressources du placard pour réveiller en douceur corps et esprit.

Avril
• Bien vivre le printemps • stage • du vendredi 6 au soir au dimanche 8 avril
Ambiance et énergie de saison nous invitent à nous délester de l’ancien pour accueillir le nouveau. Nous pouvons compter sur les ressources offertes par la Nature pour accomplir ce travail, soulager foie et vésicule, purifier le sang et assainir l’ensemble du système digestif. Prêt pour un nouveau départ ?
• Noix de coco, le fruit de la douceur • atelier-repas
Jeudi 12 avril en soirée et samedi 14 avril en matinée
Parée de mille vertus, la noix de coco et sa précieuse huile font immersion sur nos tables, suscitant au passage interrogations et polémiques. Sachons lui donner sa juste place.
• Jeûne et jeûne intermittent, le point sur l’abstinence • atelier théorique • vendredi 20 avril
Pratiquées de longue date, restriction et pause alimentaires sont de véritables facteurs de jouvence  dont la science permet aujourd’hui de percer le mystère. Et si nous cassions la monotonie pour réveiller nos forces vitales ?
• Cuisiner sans gluten, les bases • atelier pratique • samedi 28 avril
Si éviter le gluten peut s’avérer salutaire, offrant l’opportunité de découvrir des alternatives enthousiasmantes, il est aussi important de comprendre les origines de ce problème.

Mai
• Inde, jardin des épices • atelier-repas
Jeudi 3 mai en soirée et samedi 5 mai en matinée
Érigé en art de vivre, symbole d’un pays haut en couleurs, les épices montrent comment les ressources d’un environnement donné permettent à l’homme de s’y adapter.
• Digérer, l’art d’exercer son discernement • atelier théorique • vendredi 18 mai
Aventure hautement sensible, la digestion est la rencontre de l’intérieur et de l’extérieur qui revêt une dimension symbolique particulière. Bien digérer revient à nous affirmer et nous assumer.
• Que faire avec un blender ? • atelier pratique • samedi 26 mai
Loin d’être un simple mixer un peu puissant – d’où l’importance de bien choisir son matériel, le blender facilite de nombreux actes du quotidien et nous donne audace et liberté de création.

Juin
• Salades • atelier pratique • samedi 2 juin
Symboles de fraîcheur, la salade est plus qu’un plat de verdures ! Débridons nos imaginations, osons les contrastes de saveurs et de texture. Et n’oublions pas la sauce !
• L’énergie de l’été, les feux de la passion • atelier théorique • vendredi 8 juin
Grand moment d’ouverture et d’exaltation, l’été invite à explorer l’inconnu. La lumière déjoue l’ombre, la chaleur révèle les essences. Le moment est venu de nous de regarder dans le miroir du monde pour y découvrir nos potentiels ignorés ou refoulés.
• Savourer l’été • atelier-repas
Jeudi 14 juin en soirée et samedi 16 juin en matinée
Temps des fruits, symbole de gourmandise et de vigueur, l’été donne des couleurs à nos assiettes, régalant tous nos sens, comme autant de stimuli de notre intériorité.
• Bien vivre l’été • stage
Période de pleine expansion des énergies, l’été invite à l’ouverture à l’inconnu, aux voyages, à la découverte, aux rencontres. En ce temps d’extériorisation, tout est exalté ou exacerbé, les couleurs comme les odeurs, les saveurs comme les émotions. Profitons-en !

Publié dans Agenda, • À découvrir… | Marqué avec , , | Commentaires fermés

Éloge de l’amer, voie suprême vers la douceur

Saveur mal aimée, voire redoutée, l’amer nous est pourtant essentiel pour assurer une digestion optimale, soutenir le Cœur selon la médecine traditionnelle chinoise (MTC) et déjouer en cela l’illusoire réconfort du sucré.

Un tonique digestif

Nombreux sont les vins médicinaux, qualifiés d’apéritifs, réalisés à base de substances amères. En effet, ces breuvages dont la fonction première était thérapeutique visaient à « ouvrir » la digestion comme leur nom l’indique, apéritif dérivant du verbe latin « aperire » signifiant ouvrir. Aujourd’hui, nous les appréhendons surtout comme susceptibles d’ouvrir…l’appétit !
Il s’avère que l’amer stimule les sécrétions enzymatiques : sécrétions salivaires (indispensable à la digestion des amidons), sécrétions gastriques (début de digestion des protéines), et par voie de conséquence, celles-ci stimulant les suivantes, les sécrétions enzymatiques issues du pancréas et de la vésicule biliaire. En cas de digestion lourde ou lente, le bon réflexe est de reconsidérer la saveur amère dans son alimentation, sachant que l’acidité gastrique, trop souvent mal appréhendée, nous est absolument essentielle.

Bonne digestion, bonne assimilation

En stimulant les sécrétions enzymatiques, l’amer optimise l’assimilation des nutriments et permet de tirer profit des aliments ingérés et notamment des micro-nutriments que sont vitamines et surtout minéraux et oligo-éléments, lesquels sont indispensables à la synthèse des enzymes. Faute d’apport, une spirale vicieuse se met en place, la mal digestion entraînant des carences, elles-mêmes responsables de mal digestion…
Par ailleurs, l’amer tonifie les muqueuses et permet ainsi aux intestins d’effectuer leur travail de tri sélectif de façon plus performante.
Sachant de surcroît que la bile contribue à lubrifier le tube digestif, l’amer, en stimulant sa sécrétion, soutient le transit et évite à l’organisme de se réintoxiquer par réabsorption. Avis aux constipés !

Une alliée de la détoxification

La bile, synthétisée par le foie et stockée par la vésicule biliaire pour être éjectée selon les besoins dans le tube digestif, est considérée en MTC comme un liquide « pur », très précieux. Non seulement, elle permet d’émulsionner les graisses pour en assurer la digestion, mais elle est la voie d’évacuation des toxines et toxiques issus du travail d’épuration du foie, lesquels sont alors éliminés dans les fèces.
Foie et vésicule biliaire fonctionnent donc en tandem, assurant également la libre circulation du Chi, c’est-à-dire de l’énergie dans tout l’organisme.
Tout dysfonctionnement hépatique retentit sur la vésicule et inversement. Or le foie est très sensible aux émotions et notamment tout ce qui relève de la colère, de la frustration, des rancœurs et des rancunes. Si celles-ci sont refoulées, elles affectent la fonction hépatique et génèrent à l’extrême des calculs biliaires, comme autant de cailloux sur la voie de l’expression. En soutenant le foie, l’amer peut nous aider à mieux gérer ces émotions. Olivier Soulier synthétise cette capacité en nous disant que l’amer permet de gérer nos amertumes, c’est-à-dire de les dépasser par l’accueil. Il s’avère que cette saveur est associée en MTC au Cœur, grand organe de la gestion des émotions. En tonifiant le Cœur, l’amer nous permet d’accueillir nos émotions avec davantage de sérénité, d’ouverture de cœur et donc de douceur.

Foie et vésicule selon la MTC
Le Foie est assimilé à un général des armées, en charge de la stratégie d’action à mettre en œuvre alors que la vésicule décide et tranche et permet donc le passage à l’action. La Vésicule Biliaire donne du courage à l’Esprit, gouverné par le Cœur, pour mener à bien les décisions prises. Et foie et vésicule sont en lien avec les tendons qu’ils dotent de souplesse et mobilité.
L’indécision traduirait ainsi une vésicule peu affirmée ou plutôt faible. Foie et vésicule sont à leur maximum de puissance au printemps et plus particulièrement au mois de mars, mois dédié au Dieu de la guerre et donc de la mise en marche des troupes. Les Romains repartaient en campagne en mars, mois qui marquait le début de leur année !
Au niveau individuel, cette puissance, par l’énergie qu’elle déploie, nous invite à nous projeter dans les projets, ces envies de réalisation pour l’année à venir, qui nous permettront de nous réaliser, c’est-à-dire d’exprimer ce qui nous tient à cœur, ce que nous sommes fondamentalement. Les émotions que nous qualifions de négatives, comme la colère, se révèlent être des moteurs de changement, propres à nous faire grandir à nous-même, à condition d’accepter de les accueillir sans jugement, avec la bienveillance du cœur, comme autant d’indicateurs du décalage existant entre les aspirations de notre Être et notre vécu. En refoulant nos émotions, nous bloquons la circulation de l’énergie qui se retourne alors contre nous.

Amer contre sucré

Jim MacDonald, herboriste américain, pousse la réflexion plus loin encore : il souligne que l’amer est une saveur qui était nettement plus présente dans l’alimentation de nos ancêtres et que même des substances réputées sucrées comme le suc de canne, comportent dans leur version brute une dose d’amertume. Il émet ainsi l’hypothèse que notre attrait vers le sucré correspondrait en fait à un besoin d’amer. L’extrapolation pourrait sembler osée mais l’expérience de la dégustation des saveurs en conscience montre que si l’amer génère un certain inconfort a priori, il se mue insensiblement en douceur intériorisante, l’image la plus souvent employée renvoyant à de la profondeur. Or, très souvent, la quête de sucré correspond à un besoin de chaleur et de sécurité dont la satisfaction s’avère très fugace. Outre le fait de calmer les fringales de sucre, l’amer nous rappelle donc que la solution à nos maux se situe toujours à l’intérieur, dans les profondeurs de l’Être et nous invite à dépasser la sensation première de rejet alors que le sucré agit comme un leurre et n’apporte qu’un soutien transitoire et superficiel, porte ouverte à la dépendance tant physique qu’émotionnelle.
En fait, selon lui, nombre des maux d’aujourd’hui seraient induits par une carence en amer.

L’amer, une saveur à apprivoiser

Le rejet de l’amer tiendrait dit-on à la mémoire inconsciente vis-à-vis des poisons, souvent porteurs d’amertumes. Il est vrai que les enfants n’apprécient pas cette saveur qui les fait grimacer. Olivier Soulier estime que les enfants n’en ont pas besoin, n’ayant pas d’amertumes à gérer. Progressivement, au fil de l’existence, nous apprenons à élargir notre palette d’appréciation, découvrant le charme de l’amer, qui nous fera par exemple apprécier la bière, le chocolat noir intense et le café sans sucre. Inconsciemment, l’amer nous aide à gérer nos désillusions et à prendre conscience de nos besoins les plus intimes.
En acceptant plus facilement l’amer, nous contribuons à contrebalancer la diminution des sécrétions enzymatiques qui s’opère au fil de l’avancée en âge et dont souffrent nombre de personnes âgées.

Un argument de plus pour redécouvrir les plantes sauvages

Avec l’énergie du printemps qui s’affirme, l’opportunité nous est donnée de goûter à l’amer au travers des plantes sauvages, idéales pour accompagner cette renaissance dans l’ouverture du Cœur puisqu’elles conjuguent l’amer avec la couleur verte qui elle aussi s’adresse au Cœur. Et s’il ne fallait en retenir qu’une, ce serait le pissenlit, des racines à la fleur, une plante étonnante de modestie et véritablement magique dans ses effets puisqu’elle agit globalement sur l’ensemble du système digestif et urinaire.
Cousine des chicorées, elle est effectivement amère mais sait aussi se faire douce. Ne qualifie-t-on pas la gelée de pissenlit de miel ? Quant à ces racines, une fois cuisinées, elles deviennent également douces. Au niveau subtil, le pissenlit est une plante de la réharmonisation totale de l’Être, riche en Silice qu’elle va rechercher au plus profond des sols, qui nous permet de capter lumière et donc information, tout en confortant nos tissus. Il n’y a pas mieux pour soutenir l’organisme et nous aider à panser les maux de l’Âme.

——————–
• retrouver l’article d’origine de Jim mcDonald traduit sur AltheaProvence, le fabuleux blog de Christophe Bernard

Publié dans • Réflexion sur la nutrition | Commentaires fermés

De l’urgence de nous resynchroniser

Ana’chronique renoue cette année avec une programmation saisonnière et fait de ces grands mouvements d’énergie que sont les saisons sa base de travail et d’investigation, tout simplement parce que ce qui semble relever a priori de l’évidence, s’avère de plus en plus vécu comme une abstraction. En effet, tout dans nos modes vie actuels nous conduit à vivre hors des mouvements du vivant, dans une prétendue réalité de plus en plus artificielle et virtuelle. Il est temps de retomber sur terre, de retrouver nos repères, ne de ne plus évoluer à contre-courant des évidences, sous peine de nous épuiser, de nous perdre ou de devenir la proie de discours manipulateurs. Notre souveraineté d’être passe par la resynchronisation avec les forces de vie qui animent l’univers et dont les saisons sont l’une des manifestations.

Quand le calendrier nous déphase

Il y a plusieurs années déjà que j’avais nourri la certitude du non sens du début d’année instauré le 1er janvier. Cette date m’apparaissait arbitraire et mon intuition est devenue conviction au fil du temps. En effet, il existe entre Noël et l’Épiphanie, fêtes chrétiennes qui reprennent des fêtes païennes, un temps comme suspendu durant lequel la durée du jour évolue à peine puisque nous continuons à perdre le matin pour gagner un peu le soir. Cette période qualifiée de 12 nuits saintes dans les enseignements ésotériques est LA grande période de retour à soi et d’introspection dans le silence de la nuit hivernale, dans cette nuit de l’âme qui permet de mieux renaître. L’agitation et l’exaltation ne sont pas de mise. Pour les chrétiens, ces 12 nuits séparent la naissance de Jésus de sa reconnaissance en tant que Christ. Et c’est à partir de l’Épiphanie que la durée du jour s’affirme vraiment et devient nettement perceptible pour la Chandeleur.
Si les calendriers affichaient de fortes disparités, nombre d’entre eux fixaient le véritable début d’année au printemps, à l’instar du calendrier chinois, fondé sur des cycles à la fois solaires et lunaires. Le calendrier égyptien était l’un des plus particulier. Établi non seulement sur les cycles solaires et lunaires, il intégrait la vie du Nil, ses crues et recrues et fixait ainsi son début d’année en juillet au moment où la planète Sirius devenait à nouveau visible, moment qui marquait le retour des crues. Quel que soit le principe adopté de calcul et de découpage du temps, il apparaît surtout qu’il faisait sens au regard de phénomènes naturels observables.

Quand la vie sociale va à l’encontre des besoins physiologiques

Avec l’adoption du calendrier grégorien, notre vie s’avère réglée par le civil, voire l’administratif au mépris des grands mouvements de saison. Ainsi l’hiver qui devrait être un moment de calme, de retour à soi et de bilan pour mûrir en toute sérénité l’année à venir est devenue un moment de frénésie, d’agitation et de stress qui ne permet plus de recharger ses batteries alias les reins en cette période froide. Nous arrivons au printemps éreintés, incapables de nourrir le mouvement de montée en puissance de l’énergie et l’expansion qu’il implique. Alors que l’été devrait marquer la pleine activité, l’ouverture, l’accueil et le don, elle devient saison de nonchalance et de farniente. Qu’espérer alors récolter à l’automne si ce n’est  de la mélancolie.
De plus, rythmées par la seule montre, c’est-à-dire la mécanique, nos journées se ressemblent d’un bout à l’autre de l’année. Pire encore, le confort nous conduit à nier les éléments pour nous faire vivre sur un mode linéaire.

Quand le virtuel supplante le réel

L’avénement des écrans dans nos vies marque une nouvelle étape vers l’abstraction en nous privant de l’expérience sensible qui seule permet de tirer profit du vécu. Nous percevons le monde et les autres au travers de ce que la lucarne nous délivre. Nous en oublions les notions de jour et de nuit, soumis que nous sommes à cette lumière bleutée qui entrave la sécrétion de mélatonine, cette précieuse hormone du rythme veille-sommeil, qui assure la maintenance diurne, rétablit l’immunité. En retour, nous sommes de plus en plus fatigués, de plus en plus frustrés, de plus en plus affaiblis au point de compter sur le virtuel pour nous permettre de vivre une réalité augmentée. La fuite induite par le progrès montre depuis longtemps ses limites et s’il ne s’agit pas de renier ce que la technologie ouvre comme possibles, il convient plus modestement de ne pas en faire un absolu qui surchauffe le mental et oublie le corps.

Toucher Terre, une nécessité vitale

Cette prétention de maîtrise de la nature dès lors considérée comme une ressource, et non comme un patrimoine, nous conduit à l’arrogance. Nous exploitons la terre, nous exploitons les végétaux, nous exploitons les animaux et nous nous exploitons les uns et les autres. Cette logique nous fait oublier la responsabilité de gestion qui est la nôtre en tant qu’êtres pensants, capables de concevoir, élaborer, projeter… Balayer d’un revers de manche des millénaires d’observation scrupuleuse revient à se comporter en éternel adolescent qui se croit invincible et totalement indépendant de son environnement, tout en souffrant de son autonomie en germe. Quoique la technologie puisse nous permettre, nous restons soumis aux rythmes, à l’influence du soleil et de la lune pour ne citer qu’eux.
En ce sens, le jardinage, dont les vertus thérapeutiques sont bien attestées, permet de renouer avec l’observation, l’attention, la patience et la confrontation aux éléments, expérience apte à rendre modeste, voire philosophe. Travailler avec la terre et le vivant est ainsi l’un des plus sûr chemin de sagesse pour aller à la rencontre de soi. Cuisiner avec les fruits de la terre, au moment où leurs forces d’expression sont maximales, en est le prolongement, et mérite d’être réhabilité en tant qu’activité sacrée car, au-delà de la diversité alimentaire, qu’est-ce qui nourrit en profondeur l’être si ce n’est le potentiel de mouvement, d’énergie et donc d’information véhiculé par ces aliments ? Les médecines traditionnelles l’avaient fort bien compris sur la seule foi de l’observation du vivant et le programme 2018 d’ana’chronique ambitionne donc modestement de permettre de le redécouvrir.

Publié dans • Humeur du jour | Commentaires fermés

L’offensive de la grande distribution sur la bio

Pendant longtemps, la grande distribution n’avait que faire de la bio. Mais ce segment de marché devenu porteur, affichant une croissance à faire pâlir d’envie, a aiguisé les convoitises. Pour calmer un peu le jeu, on nous a d’abord servi du raisonné qui dans l’absolu ne correspond à rien, mais satisfait les consciences : c’est moins pire. Et après avoir édulcoré le cahier des charges européen de la bio et dopé les pratiques bio-industrielles, tout semble prêt pour l’offensive et les enseignes rivalisent pour créer leur réseau. Si l’on peut se réjouir du recul de l’agriculture intensive conventionnelle, il convient de rester vigilant car la bio ne se résume pas à un label, mais à un choix de société, une aspiration à plus d’exigence, de sens et de respect.

Dans la course aux parts de marché

Carrefour qui a déjà racheté Greenweez, le plus important site de vente en ligne de produits bio, pose ses jalons sur le terrain selon un « Plan bio » qui prévoit l’ouverture de 150 magasins « Carrefour bio » d’ici 2021, dans la logique du concept Carrefour proximité. Une quinzaine existent déjà. Pour assurer ses arrières, Carrefour entend développer ses propres filières. En février 2017, l’enseigne déclarait aider à la conversion 300 fermes grâce à des contrats de trois à cinq ans portant sur les volumes et sur les prix. En mai, c’est par une convention avec la chambre régionale d’agriculture de Nouvelle Aquitaine qu’elle s’est engagée à établir des accords pluriannuels avec les producteurs pour de nouvelles filières d’approvisionnement – régionales et nationales – en produits végétaux et animaux bio. Leclerc emboîte le pas et envisage, après l’ouverture du 1er Leclerc bio ce 17 janvier, d’ouvrir en 2018, 200 points de vente dédiés à la bio.
Intermarché n’est pas en reste puisque les Mousquetaires ont signé le 10 janvier un partenariat avec le Groupement Les comptoirs de la bio, concrétisé par une prise de participation minoritaire de 16 % au capital de l’un des premiers réseaux spécialistes du bio en France. Les adhérents Intermarché pourront ainsi ouvrir des petits supermarchés bio.
Auchan, qui avait tâté le marché avec 2 magasins « Cœur de nature », a ouvert en novembre 2017 un premier « Auchan bio », qui devrait être suivi par une centaine d’autres. Enfin Casino, grâce à l’intégration de Naturalia au sein de Monoprix en 2008, lui-même filiale du groupe, compte ainsi quelque 150 points de vente en France.

« Mais si les enseignes se développent rapidement en France, le risque d’une bio industrielle, hors sol, de faibles qualités nutritives, est bien réel. Je l’appelle “le” bio pour la différencier de “la” Bio à valeurs. J’appelle ainsi la production de masse et le productivisme que le règlement européen de l’agriculture biologique n’empêche pas. Tout en le suivant, on peut faire du conventionnel sans pesticide, en abandonnant toutes les valeurs de la bio. Si on reprend le modèle conventionnel en bio, on aura les mêmes effets et les mêmes conséquences qu’avec l’agriculture conventionnelle. »
Claude Gruffat, président de Biocoop et auteur de « Les dessous de l’alimentation bio », éditions La mer salée, dans un entretien avec bioaddict

Objectif : faire de la bio moins chère

Les petits bios apprécieront car il n’y a pas de recette magique pour produire moins cher : il faut voir grand. Or nous savons que les plantes comme les animaux ont besoin de notre attention et de notre considération pour nous offrir le meilleur en retour. Voir grand conduit à s’éloigner du vivant et par conséquent à gérer comme en conventionnel, juste en moins sale. L’esprit du vivant s’en trouve oublié au profit de la seule production et du rendement. C’est moins pire, mais ce n’est pas mieux !
De plus, en construisant leur propre réseau d’approvisionnement, certaines enseignes vont littéralement s’attacher les producteurs, leur ôtant toute marge de manœuvre autonome, soumis qu’ils seront dès lors à la loi de leur commanditaire. Danger !
Sans compter, faut-il le rappeler, que si le bio est aujourd’hui plus cher, c’est parce que le conventionnel n’inclut pas les coûts indirects de production, ne serait-ce qu’en termes sanitaire et environnemental.

Le vivant n’a pas de prix parce qu’il est par essence inestimable.

Il ne peut exister de miracle économique en la matière et il s’agit là une fois encore d’une énième fuite en avant sur le mode « changeons pour que rien ne change », alors que nous éprouvons avant tout un besoin fondamental de sens et de liens. Il est impossible de se nourrir de données comptables à la vue nécessairement courte : la vie low cost est un leurre et signe une véritable involution. Il est urgent en revanche de se réinscrire dans une approche globale de gestion de patrimoine. Pour ce faire, Il est essentiel de reconnaître la valeur de tout ce que nous côtoyons. C’est aussi une question de respect et d’estime de soi.

Publié dans • Humeur du jour | Commentaires fermés

2018… 1, 2, 3…

Publié dans • Humeur du jour | Commentaires fermés

Un brin de bonheur, édito de la lettre 40 (mai 2017)

« C’est mou » disent les uns ; « Les années d’élections, c’est jamais bon » rétorquent les autres… L’attentisme qui semble présider à cette période entre-deux m’évoque Samuel Beckett et son superbe « En attendant Godot », comme si le retour d’un messie devait tout changer. J’ai d’ailleurs beaucoup souri en lisant la chronique d’Amid Faljaoui relatant l’analyse de Michel Onfray qui expliquait que cette présidentielle est d’abord une machine à vendre du papier journal et du taux d’audience. D’ailleurs, selon lui, cette course à la présidentielle a été construite comme un feuilleton de téléréalité mais sur le principe christique.
Au-delà de l’élection à proprement parler dont certains nous rappellent que « voter, c’est abdiquer », je vois dans cette attente ce même lien de dépendance qui consiste à devenir tributaire d’un tiers ou d’un bien ou d’un aliment ou d’une drogue pour être heureux, alors même que notre époque, dans les multiples défis qu’elle nous propose y compris en termes d’alimentation et de santé, nous invite à nous libérer du joug de notre histoire – du passé comme du futur – pour accéder au potentiel du seul présent. C’est toute la force du pouvoir de l’accueil de ce qui est*, sans jugement et sans volonté, qui permet de prendre du recul, et plus encore de la hauteur, pour s’extraire de la matière, du mental et même des émotions et s’exprimer en tant qu’être souverain.
Cultiver le bonheur revient tout simplement à dépasser l’entre-deux, à cesser d’attendre des jours meilleurs et de lutter contre qui nous sommes, à lâcher nos masques, nos costumes de scène, nos bagages… et à oser l’aventure du présent, qui ne peut-être que la bonne heure.

Bien à vous,

Élisabeth de la Fontaine
* merci à Nassrine Reza

Publié dans • Humeur du jour | Marqué avec | Commentaires fermés