Soigner son diabète en 21 jours, le défi proposé par le Docteur Gabriel Cousens

Trop beau pour être vrai ? Non, assurément puisque la vocation de cet ouvrage, fruit de 35 ans de pratique, est justement de « démystifier le mythe de l’incurabilité du diabète ». Côté protocole, rien de miraculeux en soi mais un usage judicieux des incroyables vertus thérapeutiques des végétaux, consommés principalement crus. Soyons néanmoins clairs, ces 21 jours ne sont qu’un tremplin vers une réforme alimentaire radicale. Explications.

Comprendre et soigner

L’ouvrage de quelque 500 pages, dont la version française est parue en début d’année, ne se limite pas à proposer un régime, mais ambitionne de faire un point exhaustif, ou quasi, sur cette maladie, à l’aide de très nombreuses études. La première partie dresse donc un état des lieux de sa progression dans le monde et un inventaire des multiples facteurs favorisant son émergence, au premier rang desquels le régime alimentaire, trop riche en substances raffinées et en polluants et pauvre en nutriments, sans omettre aussi l’influence du mode de vie. Gabriel Cousens évoque également d’autres pathologies associées ou induites, comme le cancer ou encore la maladie d’Alzheimer que certains chercheurs n’hésitent pas à qualifier de diabète de type 3. La seconde partie expose le protocole Tree of Life expérimenté avec succès dans son centre de cure puisque 100 % des participants souffrant de diabète de type 2 réussissent à se passer de médicaments dès le 4e jour et nombre d’entre eux obtiennent une glycémie à jeun de 0,85 g/l au bout de quelques semaines.

Qui est Gabriel Cousens ?
Médecin, homéopathe, Gabriel Cousens, spécialiste en alimentation vivante, est le fondateur du centre Tree of Life en Arizona et l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’alimentation vivante, dont le passionnant “Alimentation, science et spiritualité : Se nourrir au XXIe siècle” (Lanore, 2008) qui ouvre des pistes de réflexion sur le rôle profond et intime de l’alimentation et « Conscious eating », dont la version française est attendue avec impatience.

Passer de la culture de la mort à celle de la vie

Le principe fondamental du protocole est d’inverser le processus dégénératif pour permettre un retour à l’équilibre, façon en somme de réinitialiser l’organisme. Ces 21 jours ne sont pas une cure ponctuelle sensée venir à bout du problème, mais un tremplin suffisamment probant pour amorcer un changement radical de mode de vie et d’alimentation. Très simplement, la diète proposée est constituée de plantes et aliments crus à index glycémique et insulinique faibles. Riche en glucides complexes (mais sans céréales ni légumineuses), en nutriments et fibres, la diète contient peu de matières grasses (strictement d’origine végétale), et une quantité modérée de protéines. Gabriel Cousens insiste sur quelques points, comme la restriction calorique, l’équilibre des acides gras (avec un apport accru en oméga 3), la recharge minérale à partir d’éléments biodisponibles (les diabétiques présentent des carences en certains minéraux et oligo-éléments), le rôle essentiel des phyto-nutriments et notamment des anti-oxydants (lire à ce sujet La couleur dans l’assiette), et l’intégration de « super-aliments » comme les algues d’eau douce. Au-delà des 21 jours, chaque curiste est invité à poursuivre. Selon Gabriel Cousens, il faut compter 2 ans pour parfaitement intégrer cette nouvelle culture de la vie car nombreuses restent les tentations de retomber dans le mode de vie diabétogène. En principe, au bout de 6 mois, il est possible de passer à la phase 2 de la diète, qui autorise l’introduction de quelques céréales, des aliments fermentés et un élargissement de la palette de légumes et de fruits.

La ronde des jus

Pour approfondir le protocole de base et surtout le travail de nettoyage, Gabriel Cousens propose d’effectuer des cures ponctuelles de jus. C’est, à mon sens, l’un des aspects les plus riches et surtout susceptibles d’intéresser tout un chacun. En effet, des travaux de Max Gerson à ceux de Rudolf Breuss, en passant par ceux de Ann Wigmore, les cures de jus s’affirment comme de formidables alliées, capables de doter le corps des moyens de contrer de multiples pathologies. Gabriel Cousens explique d’ailleurs fort bien leur vocation : nettoyer, reconstruire, réhydrater et alcaliniser. Ces principes sont la base même de l’approche naturopatique des pathologies. Concrètement, il s’agit dans le cas présent d’ingérer quotidiennement 5 à 7 litres de jus frais à index glycémique faible et ce pendant 30 à 92 jours, selon les besoins de chacun. Véritable mise au repos de l’organisme sur le plan digestif, cette cure procure un concentré de nutriments qui stimule l’élimination des toxines via les organes d’élimination, permet de rétablir l’équilibre acide-base grâce à la charge en minéraux alcalins (pour mémoire, l’acidose tissulaire fait le lit de la maladie) et donc à terme de relancer les échanges cellulaires sur un terrain libéré de ses déchets. Cette cure s’accompagne de la prise de compléments, telle la zéolithe liquide pour favoriser l’élimination des polluants et métaux lourds, ou encore la tisane de chanca piedra pour nettoyer la vésicule biliaire, le foie et les reins. Un travail d’hygiène globale est proposé, d’une part pour accompagner l’élimination et relancer les échanges internes (frictions de la peau, douches chaudes-froides, lavements) et, d’autre part pour assurer une meilleure gestion du stress et une nouvelle conscience de son corps (activités physiques modérées et yoga).

Intérêts et limites

Incontestablement, l’expérience menée par Gabriel Cousens livre un formidable message d’espoir et témoigne une nouvelle fois des incroyables capacités de guérison du vivant dès lors que moyens et conditions sont réunis. Néanmoins, il est utile de préciser qu’il s’agit d’un programme proposé en centre de cure et qu’il semble difficile voire hasardeux de l’entreprendre seul. Les plus autonomes et les plus confiants en leur capacité de guérison pourront peut-être s’y aventurer ; pour les autres, les plus nombreux sans doute, un accompagnement  thérapeutique s’avère indispensable, ne serait-ce qu’au titre de soutien, car la réforme proposée est radicale et nécessite une volonté sans faille, le plus difficile étant souvent de résister aux réflexions de son entourage et aux tentations de l’environnement. De plus, la démarche suppose l’adoption à vie d’un régime végétalien à 80 % crudivore. Or la sagesse chinoise par exemple nous enseigne que le cru n’est acceptable que par les personnes disposant d’un feu digestif fort, ce qui n’est pas le cas de nombre d’individus. En clair, toute personne ayant des difficultés digestives risque, au-delà de l’effet détox indéniable, de s’exposer sur le long terme à des carences par difficulté d’absorption. Sur ce point encore, l’accompagnement sera nécessaire afin de moduler les apports selon la constitution et les faiblesses de chacun. En ardent défenseur du végétalisme, Gabriel Cousens argumente à charge contre les protéines et graisses d’origine animale qui pourtant, bien choisies (importance du critère qualitatif) et bien utilisées (préparations respectueuses, cuissons basse température…) peuvent s’avérer indispensables dans certains cas (à titre d’exemple, je vous invite à lire le Syndrome entéropsychologique pour découvrir comment Natasha Campbell tire profit des produits d’origine animale pour reconstituer l’intégrité de la paroi intestinale) . Au final, je dirai simplement que le diabète ne peut s’appréhender de façon isolée et qu’il importe de considérer la personne dans son ensemble. Pour autant, le principe des 21 jours, les règles d’hygiène et la ronde des jus restent très pertinents pour initier une reprise en main vers un mode de vie plus sain. Le défi est exigeant, mais les perspectives stimulantes. Aussi serait-il dommage d’y renoncer pour quelques bémols. Reste à chacun à trouver le thérapeute prêt à l’accompagner pour relever au mieux ce défi.

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Pour aller plus loin
• Soigner son diabète en 21 jours, Comment démystifier le mythe de l’incurabilité du diabète, Docteur Gabriel Cousens, Macro Éditions, 2012
• Le site de Gabriel Cousens

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2 réponses à Soigner son diabète en 21 jours, le défi proposé par le Docteur Gabriel Cousens

  1. Rita dit :

    bonjours
    Je suis diabétique depuis 2 ans
    mais j’ai également la maladie de des intestins très enflammés…ulcère à l’estomac..je ne sais pas si le régime végétaliens serait bon pour moi. merci cordialement Rita

  2. Élisabeth de la Fontaine dit :

    Bonjour Rita,
    Il est difficile de vous répondre avec précision avec aussi peu de données (diabète + inflammation). Il faut envisager vos préoccupations dans leur globalité : votre histoire, votre terrain, vos contraintes…
    Dans un premier temps, exclure toutes les sources de féculents et sucres s’impose absolument (ce sont eux qui nourrissent en partie l’inflammation), ce qui veut dire augmenter la part de fruits et légumes, soit crus en jus, soit cuits vapeur. Mais pour réparer les muqueuses, sauf choix éthique impératif, les produits d’origine animale, graisses comprises, sont d’un grand secours car facilement assimilables à condition d’être de qualité et peu cuits (vapeur au maximum ou petits bouillons). Je vous invite à consulter à ce sujet l’article consacré au bouillon de poule par exemple ou encore les articles évoquant l’alimentation hypotoxique de Jean Seignalet.
    Sincèrement,

    Élisabeth de la Fontaine
    N’hésitez pas

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