Pour maigrir, mangez !

Si la prise de poids peut avoir une origine émotionnelle, la surcharge pondérale installée est l’expression d’un déséquilibre métabolique qu’il est illusoire de « gommer » en quelques semaines de restriction. Pire encore, un tel choix ne contribue qu’à carencer davantage l’organisme et à conforter le déséquilibre de base. La clé consiste donc à adopter de nouvelles habitudes, ce qui oblige à inspecter ses apports et à les corriger pour permettre à l’organisme de fonctionner de manière optimale. En ligne de mire : la qualité des aliments, la pédale douce sur les glucides et surtout les féculents, le rééquilibrage des graisses et protéines…

Dangers et illusions de la restriction alimentaire

C’est un fait avéré : toute diète ponctuelle basée sur la restriction alimentaire se solde par un échec, des frustrations et… une reprise de poids. Tout simplement parce que la plupart des ces approches réduisent les apports globaux, sans se préoccuper de rééquilibrage. Pire encore, nombreuses sont les diètes draconiennes qui privent l’organisme de nutriments essentiels, comme par exemple, celles qui diabolisent les graisses sans distinction et conduisent au final à un déséquilibre hormonal. Or les hormones sont pleinement impliquées dans les mécanismes de l‘humeur, la vie émotionnelle et bien sûr la vie organique, à commencer par la gestion du taux de glucose sanguin, régulé notamment par l’insuline (stockage) et le glucagon (déstockage) sécrétés par le pancréas, mais aussi soumis à l’influence des hormones surrénaliennes (pour en savoir plus, lire Burn out, quand les batteries sont à plat). Sans surprise donc : le stress fait grossir.

Adopter un régime restrictif pauvre en graisses à l’adolescence est le plus sûr moyen de déséquilibrer tout le système endocrinien et donc la gestion du poids.

Le poids des glucides

Comme l’écrivait Laurent Daillie dans un article de Néosanté de mai 2013 consacré au poids des émotions, à l’origine de tout kilo est un problème de sucre, tout simplement parce que la prise de poids implique fuite, résistance, protection et met en jeu la gestion de nos réserves de carburant. Qui dit sucre ne dit pas seulement la banale poudre blanche qui adoucit le café ou compose la confiture, mais l’ensemble des glucides et notamment tous les féculents (pain, pâtes, céréales, légumineuses, pomme de terre…). Rappel de base : avec quoi engraisse-t-on les cochons, les canards… ? Des glucides à fort index glycémique. Si les glucides sont indispensables au fonctionnement de l’organisme, ils doivent prioritairement être apportés par les légumes et les fruits et non par les féculents, surtout dans un contexte de vie sédentaire. Si le gluten, en tant que protéine inflammatoire est un problème en soi (PM, lire cet article) force est de constater que seule la cuisson (PM, lire Cuire, c’est nuire ?) a permis à l’homme de consommer céréales, légumineuses et pommes de terre. Pour mémoire, plus la cuisson est vive et plus l’index glycémique augmente avec à la clé : hypoglycémie, résistance à l’insuline, diabète, maladies inflammatoires… et prise de poids, accompagnée de fluctuations de l’énergie et de l’humeur, d’où les irrépressibles fringales.
Autre fait, la méprise sur le rôle des graisses, sans distinction qualitative, a conduit à privilégier les apports en glucides avec pour conséquence une augmentation des prises alimentaires et une addiction. Si les graisses rassasient durablement, elles sont aussi essentielles au cerveau, au système nerveux et à la bonne santé de chacune de nos cellules. Et toutes les graisses nous sont essentielles, y compris les fameuses saturées, à condition toutefois – et c’est essentiel – d’être obtenues de manière respectueuse. À titre indicatif, savez-vous que les précieux oméga-3, qui font tant défaut, ne sont pleinement assimilés et utilisés qu’en présence de graisses saturées ou encore que la part de graisses saturées dans le lait maternel approche les 50 % ? Autant dire qu’il devient urgent de balayer les a priori, et discours erronés pour retrouver le sens de l’équilibre.

Décrochez des sucres !

Tel devrait être le mot d’ordre de toute personne soucieuse de trouver ou retrouver son poids de forme. Pas la silhouette de mannequin anorexique, mais celle dans laquelle l’esprit se sent libre, mu par une humeur joyeuse et dynamique. Or l’addiction aux sucres est une réalité dont les effets sont trop rarement appréciés à leur juste valeur : déséquilibre global, fatigue, troubles de l’humeur et de la concentration, douleurs, sommeil perturbé, stress, prise de poids, inflammation chronique et donc diabète, hypertension, cholestérol élevé… en somme la plupart des maux dits de civilisation.
Au final, la surcharge pondérale n’est qu’une manifestation flagrante de multiples désordres internes et sa correction passe par la remise en cause définitive de nos habitudes alimentaires, mais aussi de nos modes de vie.

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Pour aller plus loin
Décrochez des sucres ! Séjour thématique de 3 jours
ana’chronique vous propose de faire le point pour comprendre l’origine des déséquilibres, les mécanismes à l’œuvre dont la régulation de la glycémie, l’impact de l’environnement et des choix alimentaires et surtout comment composer ses apports pour déjouer l’addiction.
• Équilibre hormonal et gestion du poids, atelier théorique à suivre sur l’agenda à l’automne 2013
• Différents articles sur le blog sur les problèmes liés au blé, aux sucres, au diabète… Pour les retrouver, utilisez la fenêtre de recherche proposée en haut et à droite de la page.

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Une réponse à Pour maigrir, mangez !

  1. Parfois, on peut en effet dire que c’est la restriction qui est source de stress et de reprise de poids perdu. Pour maigrir bien, il faut se faire plaisir et tout commence par une bonne alimentation saine et non restrictive.

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