André Stern, pour une alternative à l’éducation

Il y a peu, Katy Ollif , une amie plasticienne férue de collages, invitait à son prochain atelier, placé sous le signe du jeu et glissait malicieusement un lien vers une vidéo dans laquelle André Stern, cet  homme qui revendique d’être un enfant, nous expliquait qu’il n’avait jamais cessé de jouer. Plus exactement, André Stern précisait ne s’être jamais départi des qualités premières de l’enfant, le jeu et l’enthousiasme, moteurs de découvertes et d’apprentissages spontanés, induisant à la clé le développement de passions et l’acquisition de compétences. Et le plus intéressant dans son histoire est qu’il n’est jamais allé à l’école et s’engage aujourd’hui – très sérieusement au fond, puisque le jeu du point de vue de l’enfant est une affaire hautement sérieuse – dans une réflexion sur les alternatives à l’éducation. Quel beau cadeau que cet entretien ! Merci Katy !


Une expérience personnelle qui nourrit la réflexion

Si le cheminement d’André Stern est exceptionnel, il invite forcément à se poser la question du sens de l’éducation et de sa capacité à stimuler notre envie d’apprendre. Sans hasard, alors que j’avais évoqué il y a quelques mois le CREA, initié par Jean-Pierre Lepri, j’ai découvert qu’André Stern avait préfacé son tout récent ouvrage : « La fin de l’éducation ? Commencements… », publié aux éditions L’instant présent. Mais André va plus loin que le simple témoignage et travaille en collaboration avec le Dr Gerald Hüther, chercheur en neurobiologie avancée, pour tenter de comprendre pourquoi et comment fonctionne ce mécanisme spontané et fondamental qu’est le jeu.
Pour l’écouter, rendez-vous ici !

L’engrais cérébral
“Entre vingt et cinquante fois par jour, le petit enfant vit un état de grand enthousiasme. A chacun de ces moments, les centres neuro-émotionnels s’activent. Les cellules nerveuses qui y sont logées possèdent de longs appendices s’étirant à travers toutes les zones du cerveau. Aux extrémités finales de ces appendices se déverse alors un cocktail de neurotransmetteurs. Ces composés chimiques conduisent les cellules nerveuses nouvellement connectées à produire certaines protéines. Ces protéines, bien déterminées, permettent la croissance de nouveaux appendices, la création de nouveaux contacts neuronaux ainsi que l’établissement et le renfort des connexions fraîchement activées au moment où nous résolvons un problème particulier ou relevons un nouveau défi.
Chaque petite tempête d’enthousiasme met en œuvre une sorte d’autodoping cérébral. Ainsi sont produites les substances nécessaires à tous les processus de croissance et de réaménagement des réseaux neuronaux. C’est ce qui explique pourquoi nous progressons si rapidement dans ce que nous faisons avec enthousiasme.
Car c’est aussi simple que cela : le cerveau se développe précisément là où il est utilisé avec enthousiasme.”
Professeur Gerald Hüther, Göttigen, Allemagne (extrait du site écologie de l’éducation)

Une éducation fondée sur le formatage

Notre éducation actuelle ressemble davantage à du formatage en vue de doter la société d’individus aptes à répondre à des fonctions. Il s’agit donc purement et simplement d’un conditionnement, comme l’a régulièrement expliqué Alice Miller (évoquée ici) et dans son sillage, les auteurs de la lettre et du site regard conscient. Pour comprendre en quelques minutes, le désastre de nos systèmes éducatifs, voici une courte vidéo (en anglais, sous-titrée) qui se passe de commentaires… En quoi l’école nous prépare-t-elle à la vie, se préoccupe-t-elle de respecter les individualités, aspirations, talents, sensibilités ? Or nous ne serons jamais excellents dans ce qui nous est imposé arbitrairement, sauf à nous trahir. Et en souffrir. Profondément.

Devoir de désobéissance ?

Combien d’entre-nous évoluent-ils professionnellement et socialement sans aigreur, sans regrets ? Peu si j’en juge par les aspirants à la retraite, qui, tels des prisonniers, font le décompte des jours à tenir. Ces « il faut bien », « on doit », une fois relativisés et remis en cause, peuvent certes ouvrir la voie à la désobéissance. Mais n’est-ce pas là une autre forme de devoir dans une société où tout le monde s’accorde à dire que le système « marche sur la tête », nous contraint à l’absurde et, au final, à l’asservissement ?

Oui le jeu, c’est trop sérieux pour le laisser à ceux qui se prétendent grands. Et ce jeu, ce sont nos vies, nos destinées et l’avenir de l’Humanité sur Terre.

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Pour aller plus loin
• Le site d’André Stern

http://www.andrestern.com

• Le site dédié à l’éducation

http://ecologiedeleducation.jimdo.com/

• Le site de Katy Ollif et celui de la note bleue, lieu de résidence et de création qu’elle co-anime avec son compagnon musicien, Jacques Mayoud.

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