La médecine de terrain de Natasha Campbell-McBride

Si je connais depuis plusieurs années les travaux de Natasha Campbell-McBride, notamment grâce à Taty Lauwers et si son ouvrage, traduit par Denise Kruger Fantoli (voir ici), est devenu l’une de mes références incontournables,  je n’avais encore jamais eu l’occasion de la voir et de l’entendre s’exprimer. C’est chose faite avec cet entretien vidéo, qui explique clairement le rôle de l’éco-système intestinal et ses répercutions sur l’organisme. Mais il va bien plus loin encore…

À noter : le protocole de Natasha Campbell est au cœur des stages “Décrocher des sucres” dont les 2 prochaines sessions auront lieu du 4 au 6 août et du 22 au 24 septembre. Il reste quelques places : dépêchez-vous !

 

Comment un médecin neurologue et neurochirurgien en vient à s’intéresser à la nutrition

Natasha Campbell-McBride est née en Russie. Devenue médecin, neurologue et neurochirurgien, elle décida de s’installer en Grande-Bretagne. C’est lorsqu’elle fut confrontée à la maladie au sein même de sa famille, avec un enfant diagnostiqué autiste, qu’elle prit conscience des lacunes de la médecine allopathique, qui ne s’intéresse qu’aux symptômes et non aux causes des dysfonctionnements. Décidée à trouver pour son fils des solutions, elle chercha dans toutes les directions, ce qui la conduisit à se former à nouveau, en nutrition, ce qui lui permet aujourd’hui de composer avec toutes ses précédentes compétences. Ce faisant, au fil des études consultées, elle acquit la conviction du rôle essentiel joué par l’équilibre intestinal sur les problèmes neurologiques d’une part, mais sur nombre de dysfonctionnements organiques d’autre part. Et c’est ainsi qu’elle développa une approche originale, fondée notamment sur les travaux du pédiatre américain Sidney Valentine Haas, qui au milieu du siècle dernier guérissait, par un régime adéquat, toute forme d’inflammation intestinale.

Aujourd’hui, Natasha Campbell-McBride peut se targuer d’une belle expérience clinique, avec la guérison de milliers d’enfants et adultes, autistes et schizophrènes notamment.

“L’alimentation est un moyen extrêmement puissant pour faire face à la maladie. le moyen le plus puissant. Beaucoup de personnes ne réalisent pas à quel point l’alimentation est efficace.”

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Dans cet entretien daté de 2011, Natasha Campbell-McBride explique le rôle de la flore et ses liens avec le fonctionnement optimal de l’organisme et bien sûr, le cerveau, et comment cette flore a dégénéré de génération en génération depuis les années 1960, ouvrant la voie à la croissance exponentielle des allergies et intolérances, des affections chroniques et des maladies auto-immunes, sans oublier les cancers. Plus encore, elle nous apprend que le diabète de type 1 est curable et que l’épilepsie est une décharge visant à détoxifier l’organisme. Elle nous rappelle que les sucres – tous les sucres y compris les féculents – sont des voleurs de nutriments, à commencer par le Magnésium, et que malheureusement, notre alimentation moderne est fondée sur ces aliments. Ou encore que le beurre et le lait crus sont des aliments très précieux dès lors que les animaux n’ont pas été trafiqués et qu’ils sont nourris à l’herbe. Elle y parle aussi de régénération cellulaire et de bonheur de vivre. Enfin, elle y dénonce la main-mise de l’agro-industrie qui maintient sciemment le public dans l’ignorance, au nom du profit bien sûr, et avec la complicité des politiques dont le rôle aujourd’hui est de servir l’industrie. Au final, elle prône le retour à une agriculture à taille humaine avec de petites structures, comme avant la seconde guerre mondiale, où culture et élevage se complètent pour maintenir la vie, y compris celle des sols.

“Les fermiers ont été déconnectés car ils étaient considérés comme des producteurs de marchandise. Pourtant, les fermiers sont ceux qui portent les bases de la santé de la population. À un certain niveau, ils sont responsables de la santé de la population.”

Pour une médecine de terrain pleine de bon sens

Ce que j’apprécie particulièrement chez Natasha Campbell-McBride, c’est tout d’abord sa simplicité, son pragmatisme et son intégrité. Sa démarche est pour moi exemplaire, dans la mesure où elle repose sur un rééquilibrage du terrain – notion chère aux naturopathes et plus encore aux hygiénistes – rééquilibrage rendu possible essentiellement par le régime alimentaire. Autant dire que son protocole est accessible à tous et peut être mené dans un cadre domestique. Il répond parfaitement à la logique de l’autonomie de chacun.

Je regrette que son travail soit encore trop peu connu en France, y compris auprès des naturopathes, souvent trop enclins aujourd’hui à accuser les produits d’origine animale sans distinction qualitative, à faire la promotion du soja (à ce propos, je signale la très récente parution en français de l’ouvrage de Kaayala T. Daniel, “Soja, ami ou ennemi de notre santé” chez Marco Pietteur, auquel je consacrerai prochainement un article) et à se transformer en prescripteurs de compléments alimentaires.

Un entretien à voir absolument et à partager généreusement !

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