Au printemps, le ménage s’impose !

Le printemps marque le renouveau, mais il est impossible d’accueillir le nouveau sans s’être préalablement débarrassé de ce qui nous encombre. Et ce qui est vrai pour nos maisons et nos voitures, l’est aussi pour nos organismes quelque peu alourdis après les excès de l’hiver, entre les agapes de fin d’année, les galettes, les crêpes et les beignets… Une petite pause s’impose afin de regagner en vitalité, éclaircir le teint et les idées, stabiliser la sphère émotionnelle et vivre pleinement le réveil et la dynamique d’expansion propre à cette saison. Si certains s’astreignent à respecter le Carême, d’autres optent pour un jeûne ; pour la majorité, il suffit d’alléger son alimentation en privilégiant des aliments qui stimuleront l’élimination, aliments dont nous avons déjà parlés pour la plupart d’entre eux. Voici donc une synthèse de circonstance !

Accompagner le changement de saison

S’il est couramment conseillé d’accompagner chaque changement de saison par une petite pause alimentaire, l’entrée dans le printemps reste une étape cruciale à l’énergie très spécifique générée par la montée en puissance de la lumière. Pour notre organisme, cette énergie n’est pas anodine et agit notamment sur tous les fluides. Sachant que notre corps est avant tout constitué d’eau, l’impact est évident. Encore faut-il savoir accompagner cette fluidification, sous peine de céder aux maux courants liés à l’encombrement de l’organisme et surtout des voies d’élimination.
En médecine traditionnelle chinoise, le printemps est associé au foie, un organe hautement sollicité aujourd’hui tant notre environnement s’est complexifié et chargé en polluants. Outre ses fonctions de synthèse et de stockage, le foie est l’organe clé de l’épuration, notamment celle du sang. Autant dire qu’il mérite d’être hautement choyé en cette période, ce qui suppose d’éliminer de son alimentation tous les aliments dénaturés, porteurs de charges toxiques, à commencer par les préparations issues de l’agro-alimentaire largement enrichies en additifs divers et variés, sans oublier le pain vendu ordinairement dont les farines sont également dopées aux additifs (pour mémoire une centaine d’additifs sont autorisés pour le pain courant et une vingtaine pour la seule baguette, fleuron de la boulange française et dont la fabrication fait l’objet d’un décret !) et qui sont réalisés sur base de levures et non de levain, ce qui les rend nettement moins digestes. Ceci étant, les féculents sont de toute façon aussi à limiter dans l’absolu et à exclure sous leur forme raffinée. Surconsommés aujourd’hui au regard de notre activité physique et ne bénéficiant plus de conditions de transformation optimale (mouture respectueuse et fraîche, trempage, germination, fermentation), ils dérégulent la glycémie, spolient nos réserves minérales et confortent le déséquilibre intestinal, clé de voûte de notre immunité. Printemps ou pas, mieux vaut donc apprendre à en limiter la place sur nos tables.
Il faut aussi éliminer tous les aliments issus de l’agriculture intensive, gros pourvoyeurs de résidus de culture et d’élevage car il faut bien comprendre que si la dose fait le poison, leur ingestion régulière conduit logiquement à l’empoisonnement de l’organisme et non seulement à son encrassage ponctuel. Ceci est d’autant plus vrai pour les produits issus des animaux dont les graisses concentrent les résidus. Les graisses cuites d’ailleurs seront consommées en moindre quantité et pour mémoire, poêler vivement équivaut à une friture, génératrice de substances toxiques par liaison des protéines avec les glucides. Les cuissons seront donc douces en privilégiant la vapeur et l’étouffée. Seront aussi limités : les excitants et l’alcool sous toutes ses formes.
Ensuite seulement, nous pouvons imaginer nous attaquer aux dépôts.

Une occasion pour privilégier les circuits courts
Sans vous inviter à exiger des aliments pourvus du label AB, à propos duquel il reste à redire, l’industrie ayant tenu à obtenir sa part de gâteau sur ce segment jugé porteur, il s’agit tout simplement de reconsidérer l’offre locale. Or sur le territoire du PNR Livradois-Forez, nous sommes très gâtés avec de nombreux producteurs qui vendent en direct à la ferme, sur les marchés, via les amaps… À noter que la ville d’Ambert s’est enrichie d’un magasin de producteurs, le Local, qui permet à ceux qui ne peuvent se libérer le jeudi matin pour le marché hebdomadaire, de faire le plein de produits frais, souvent bien moins chers qu’en grande surface.
Si l’offre strictement locale paraît trop restreinte en cette saison, n’oubliez pas les petites boutiques bio qui ponctuent le territoire et s’efforcent de vous proposer du frais. Votre santé mérite bien ça, non ? Vous y trouverez d’ailleurs un beau choix d’huiles de qualité, goûteuses à souhait.

Alors, on mange quoi ?

Eh bien essentiellement des légumes, des légumes et encore des légumes… crus et cuits et quelques fruits, le tout agrémenté d’oléagineux ou d’huiles de 1re pression à froid.
Si vos intestins ne sont pas en déroute totale, à vous les salades, crudités et autres tartinades crues ! Pour un ménage optimal, les sauvages n’ont pas leur pareil et se consomment également cuites en soupe ou en légumes : pissenlit, lampsane, plantain, ortie, ail des ours, bourrache, consoude, mauve, mouron blanc… À noter que pissenlit et lampsane présentent des qualités similaires et agissent tout particulièrement sur le foie et les reins.
Les crucifères, grandes alliées de la fonction hépatique, sont à inviter régulièrement : derniers radis d’hiver, premiers radis de printemps, navets, choux de toute sorte, à consommer crus ou cuits.
L’ail et l’oignon, dont nous avons déjà parlés, seront également mis à l’honneur pour leur capacité à assainir la flore intestinale et donc optimiser le fonctionnement digestif. Le poireau, proche cousin de ceux-ci, véritable balai intestinal, s’est déjà taillé sa réputation en proposant un bouillon salvateur aux barbouillés et autres encombrés. Côté racines, optez pour les carottes et les betteraves. Grande régulatrice du transit sur un mode extrêmement doux, la carotte soutient également le foie en stimulant et fluidifiant la bile, et la fonction rénale en augmentant la diurèse et facilitant notamment l’élimination de l’acide urique. La betterave, grande dame de la détox, exerce une action marquée sur le foie. Riche en bétaïne, elle aide le foie à dégrader les graisses, diminue le taux d’homocystéine (acide aminé, facteur de risque cardiovasculaire) et agit positivement sur la sphère nerveuse (permet de voir la vie en rose !). Anti-oxydante, reminéralisante, elle est incontournable. Elle sera privilégiée sous sa forme crue, râpée ou en jus. Sous cette dernière forme, il faut impérativement la marier à d’autres légumes car son action thérapeutique peut générer des effets indésirables liés à la détox (nausées, maux de tête…).
Enfin, n’oublions pas l’artichaut, lui aussi grand allié de la fonction hépatique, le céleri, branche ou rave, mais aussi, au rayon des exotiques, l’avocat pourvu en graisses de qualité, qui piège les toxines solubles dans la graisse et les évacue. Il se révèle aussi riche en glutathion, utile à l’épuration hépatique.
Côté fruit, le citron est à privilégier : Il dissout les mucosités et alcalinise l’organisme en se transformant en citrates alcalins. Régulateur hépatique, il stimule également les fonctions gastriques et pancréatiques. Il agit positivement sur toutes les étapes de la digestion. Le mieux est de se faire une petite cure avec un citron pris à jeun dans un peu d’eau tiède et de penser à l’intégrer dans toutes les préparations crues.
Enfin, pour revenir à une production locale, la pomme, riche en pectine et en fibres douces, agit positivement sur le transit intestinal, piège les toxiques et toxines et favorise leur élimination. Fortement reminéralisante, elle contribue à alcaliniser l’organisme.
Les plus audacieux pourront intégrer des graines germées et des algues marines.
Enfin, pour soutenir la flore intestinale, la consommation de produits lacto-fermentés est hautement recommandée (et en toutes saisons !), le plus simple étant d’opter pour les modes de préparation courts comme le chou fermenté façon salade, inspiré du kimchi coréen (voir recette). Cette préparation s’avère hautement digeste puisque les fibres sont attendries par le travail des bactéries et que les nutriments complexes sont réduits à leur forme simple. À tester sans plus attendre !

La sève de bouleau fraîche
Elle est un classique de printemps. S’il est possible de l’acheter fraîche, rien ne vous empêche de la récolter vous-même au moment de la pleine montée de sève. Pour cela, il faut repérer un beau bouleau, l’approcher avec respect et le remercier de son soutien, puis percer un trou dans l’écorce de quelques centimètres de profondeur et à près d’un mètre du sol. Enfoncer dans ce trou une paille ou tout autre tuyau improvisé, que vous reliez à une bouteille soigneusement attachée à l’arbre. Il reste juste à attendre que le liquide s’écoule dans la bouteille. Ce jus se conserve au frais et peut parfois commencer à fermenter, ce qui n’empêche aucunement de le consommer. À boire le matin à jeûn, à raison d’un petit verre, idéalement pendant 3 semaines.

Pour varier les plaisirs, n’oubliez pas les herbes, les épices mais aussi les huiles !
Herbes et épices comptent parmi les meilleurs anti-oxydants et nombre d’entre-eux optimisent la fonction hépatique. Inutile donc de s’en priver, d’autant plus qu’elles assurent un enrichissement gustatif sans pareil. Du côté des herbes, la mélisse, véritable adaptogène, a aussi la capacité à piéger les toxiques ; la menthe, tonique, carminative, stimule la digestion, détoxifie et est utile en cas de goutte et rhumatismes, et le persil est le soutien idéal des reins.
La moutarde est aussi une crucifère qui grâce à son contenu en composés soufrés va soutenir l’activité du foie. Le simple poivre stimule les sécrétions gastriques et optimise l’efficacité du glutathion. Le clou de girofle piège les toxiques, aide à digérer. Il est carminatif, anti-inflammatoire, tonique et antiseptique. La noix de muscade, analgésique, antalgique, neurotonique, tonique, antiparasitaire, antiseptique…, est aussi hépato-protectrice et augmente l’activité du glutathion. Attention, ne pas en abuser pour autant car elle s’avère toxique à hautes doses. Le genévrier améliore la digestion. C’est un antiseptique des voies urinaires, utile en cas de douleurs articulaires, de goutte… Les baies roses sont anti-inflammatoires et optimisent l’action du glutathion. Le gingembre, tonique, augmente la concentration sanguine de glutathion. Il se marie très bien au curcuma, anti-inflammatoire qui protège l’intestin et contribue à l’entretien de la flore. La cannelle, digestive, tonique et antiseptique, augmente la teneur en glutathion dans le foie, apporte une note douce et permet de diminuer les doses de sucre, en régulant par ailleurs la glycémie.
Quant aux huiles, le critère qualitatif est essentiel car les huiles raffinées n’ont aucun goût, sont appauvries et oxydées, autrement dit, rendues toxiques pour l’organisme. Voici donc l’occasion de découvrir le potentiel gourmand des huiles de 1re pression à froid, à commencer par celles qui sont riches en oméga-3 : les huiles de chanvre, cameline et noix, toutes trois étant d’ailleurs disponibles en productions locales. Enfin, l’huile d’olive, toujours de 1re pression à froid, reste incontournable et complémentaire de celles précédemment citées.

À vos créations et à votre santé !

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