Les Faucheurs volontaires dénoncent le transhumanisme

Cette lettre émane des faucheurs volontaires, en réponse à la conférence initialement prévue, avec D. Cœurnelle, vice-président de l’association française transhumaniste Technoprog, dans le cadre du salon Primevère 2016, et finalement annulée suite à diverses protestations. Elle illustre que plus que jamais la vigilance est de mise.


Qu’est-ce que le transhumanisme et qui sont les transhumanistes ?
L’objectif du transhumanisme consiste à se débarrasser de l’espèce humaine pour lui substituer l’espèce supérieure, « augmentée » : des hommes machines. Surhomme qui résulterait de la convergence des nanotechnologies, des biotechnologies, de l’informatique et des neurotechnologies (cerveau), ensemble appelé NBIC.
Il s’agit de prendre en main l’évolution humaine avec les outils de la technologie : l’humain ne doit pas rester cet être imparfait, fragile, faillible, et … mortel. Pour vaincre la maladie et la mort, il doit s’améliorer en s’hybridant avec des prothèses, des puces le plus souvent connectées à des ordinateurs. Hommes bioniques, cyborgs, corps reprogrammés par les technologies : l’avenir vu par les transhumanistes. Les transhumanistes n’aiment pas l’humain, c’est-à-dire la part de nature et d’humanité qu’il y a en nous, même si certains osent se dire écologistes.
Le moteur des transhumanistes : la toute puissance ; leur rêve : télécharger l’esprit de l’homme sur un ordinateur c’est-à-dire une machine (alors qu’on estime à ce jour connaître environ 5 % du fonctionnement du cerveau) faisant abstraction du corps, de la conscience, la réflexion, la vie intérieure et de ce qui fait la joie de vivre.
Pour le moment cela semble loin de notre réalité. Les projections dans le futur des transhumanistes sont pour l’heure des rêves ou des fantasmes. Mais… les nouvelles biotechnologies avancent dans l’ombre et à un moindre coût… des essais de neurotechnologies sont faits par exemple à Clinatec (Grenoble). Ces études sont encouragées financièrement par l’État. Ça avance. Certains diront que ça n’a rien à voir avec le transhumanisme mais pas nous.
Qui sont les transhumanistes ? Ce sont des neurochirurgiens, des militaires, des informaticiens spécialistes de l’« intelligence » artificielle, des ingénieurs du CEA (Grenoble), des banquiers, des sociologues.… Et Google, Facebook, Amazon comptent parmi leurs dirigeants des transhumanistes assumés et… financeurs.
Si le transhumanisme progresse sans encombres c’est qu’il est l’idéologie de l’accélération technologique, du progrès « qu’on n’arrête pas ». À l’ère du capitalisme technologique et des pôles de compétitivité, ne nous attendons pas à ce que nos décideurs hantés par la croissance du PIB s’opposent à l’avènement de l’homme augmenté.

Pourquoi Primevère s’est fait piégé par Technoprog ?
Ces gens sont dangereux parce qu’ils avancent masqués. Ils ont une stratégie. Le discours de l’invité de Technoprog à Primevère sera soft. Le cheval de Troie des transhumanistes est la médecine et ils s’habillent d’éthique. Ayant eu déjà de nombreux contradicteurs, ils ont rôdé leur discours. Depuis 10 ans ils occupent les médias et les colloques ; ainsi le transhumanisme n’est plus un projet furieux mais une option à discuter !
Concernant la médecine : Voie royale pour faire accepter à pattes de velours les idées transhumanistes. Avec des méthodes plus que discutables, en faisant par exemple témoigner des malades pour lever les oppositions à leurs technologies. Les transhumanistes n’hésitent pas non plus à faire appel à la démagogie et à l’individualisme de chacun en posant des questions du genre : qui refuse une greffe d’organe, une prothèse de hanche ? Qui refuse de se faire soigner contre la maladie de Parkinson, d’Alzheimer, contre le cancer ?  Ils ne demandent surtout pas : qui veut être un cyborg ? Ils ne remettent pas non plus en question l’origine (exemple: les pesticides) de ces maladies.
Concernant la prolongation de la vie : le transhumanisme permettrait de vivre bien, longtemps, beau et en bonne santé. Quelles normes ou critères définiraient ces états  ? Qui en décideraient ? Vivre cent ans, pour quoi? Des générations de 100 ans sur une terre dévastée, c’est écolo vraiment ? En filigrane, se profile le fantasme de l’immortalité… Pour qui ?
Concernant l’éthique et la dignité humaine : c’est la cerise sur le gâteau, le discours stratégique des transhumanistes : tous les citoyens auraient accès à cette « amélioration » de l’homme (art de contrer les arguments eugénistes de leurs contradicteurs), ce sera aux pouvoirs publics de faire que ces techniques soient ouvertes à tous, il faudra des contrepouvoirs. Et là, on croit rêver. Nous vivons déjà une humanité à deux vitesses où c’est de sa faute si l’on est pauvre et tant pis pour la dignité humaine, dans un monde où il n’est question que de rentabilité et de performances individuelles. Un monde où les pouvoirs publics deviennent une peau de chagrin, un monde qui n’est pas près de changer avec le techno-autoritarisme qui s’installe. Un monde qui s’accorde si bien avec l’idée transhumaniste.
Le transhumanisme, c’est l’inhumanité. Les Faucheurs volontaires feront tout pour l’empêcher.

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