D’Amour et d’eau fraîche…

Voici bien les plus fondamentaux de nos besoins mais, en vivre, nous a-t-on inculqué, est impossible au nom de la Réalité économique, qui, comme la dette, n’est pourtant qu’un stratagème d’asservissement. Toute notre vie est aujourd’hui conditionnée par l’économie et les objectifs de rentabilité. Les expressions courantes en témoignent : gagner sa vie, vivre chichement, réussir à vivre de son activité… Or la vie est un don, comme l’Amour. Il est amusant de constater que cette même réalité économique a dévoyé le don d’amour pour en faire un lien conditionné (nous agissons dans le but d’obtenir une contrepartie) et, dans un élan individualiste et matérialiste, lui a substitué le sucre qui, soyons lucides, n’est qu’un leurre qui étouffe dans l’œuf toute velléité d’indépendance.
Quant à l’eau, dont la qualité est plus que dégradée à force de pollutions induites par cette chère réalité économique productiviste, la voici agressée, pour ne pas dire assassinée dans sa capacité à supporter et structurer le vivant par la prolifération des antennes qui couronnent en vainqueur les châteaux d’eau et s’invitent désormais dans l’intimité des foyers via les compteurs prétendus intelligents.
Tout pouvoir ayant son contrepouvoir, gageons que l’intelligence du cœur, soutenue dans son ouverture par la vague de chlorophylle printanière, nous invite à considérer d’un œil neuf les promesses du tout techno, et notamment celle de ces réseaux dits sociaux, qui à coup de « j’aime » ne sont que des collecteurs de données à vocation commerciale, hautement énergétivores et totalement addictifs. Comme le dit le Yi King, un lien d’or est toujours un lien pour qui se laisse aliéner.

En ce printemps naissant, je nous souhaite de retrouver la saveur de l’Amour et celle de l’eau fraîche.

Bien à vous,

Élisabeth de la Fontaine

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