Le système immunitaire réagit à une alimentation malsaine comme à une infection

Lu sur Psychomédia, un nouveau lien établi entre alimentation et inflammation

le 7 mars 2018

Le système immunitaire réagit de la même façon à une alimentation riche en gras et en sucre qu’à une infection bactérienne, selon une étude publiée dans la revue Cell. Et, puisqu’il a une mémoire, cette alimentation le rend plus agressif à long terme. Même après l’adoption d’une alimentation plus saine, les défenses du corps restent hyperactives.

Anette Christ de l’Université de Bonn et ses collègues ont mené cette étude chez la souris et avec des cellules humaines.

Ils ont nourri des souris, pendant un mois, avec une « alimentation occidentale » riche en gras et en glucides (sucres, farines raffinées…) et pauvre en fibres. Par conséquent, les animaux ont développé une forte réaction inflammatoire dans tout le corps, comme lors d’une infection par des bactéries dangereuses.

Cette réaction impliquait une augmentation du nombre de certaines cellules du système immunitaire inné dans le sang, en particulier les granulocytes et les monocytes.

Lorsque les rongeurs ont repris leur régime céréalier typique pendant quatre semaines supplémentaires, l’inflammation aiguë a disparu. Ce qui n’a pas disparu, c’est la reprogrammation génétique des cellules immunitaires : même après ces quatre semaines, de nombreux gènes qui avaient été activés pendant la phase d’alimentation « de type occidental » étaient encore actifs.

Ce n’est que récemment qu’on a découvert que le système immunitaire inné avait une forme de mémoire , explique le professeur Eicke Latz, coauteur.  Après une infection, les défenses du corps restent dans un état d’alarme, pour pouvoir réagir plus rapidement à une nouvelle attaque. Ce qui est appelé l’« entraînement du système immunitaire inné ».

En examinant les cellules sanguines de 120 personnes, les chercheurs ont identifié le “senseur de fast-food” dans les cellules immunitaires. Chez certaines personnes, le système immunitaire inné a montré un effet d’entraînement particulièrement fort. Chez elles, les chercheurs ont constaté l’implication d’un inflammasome (le NLRP3). Les inflammasomes sont des complexes de signalisation intracellulaire qui reconnaissent les agents infectieux et d’autres substances nocives et libèrent des messagers hautement inflammatoires.

Ces réactions inflammatoires peuvent ensuite accélérer le développement de maladies vasculaires ou du diabète de type 2, expliquent les chercheurs. Dans l’artériosclérose par exemple, les dépôts vasculaires typiques se composent en grande partie de lipides et de cellules immunitaires. La réaction inflammatoire contribue directement à leur croissance, car les cellules immunitaires nouvellement activées migrent constamment vers les parois altérées des vaisseaux sanguins. Lorsque les plaques deviennent trop grosses, elles peuvent éclater et provoquer une coagulation sanguine. Elles sont emportées par la circulation sanguine et peuvent obstruer les vaisseaux sanguins. Conséquences possibles : AVC ou crise cardiaque.

Au cours des derniers siècles, soulignent les chercheurs, l’espérance de vie moyenne a régulièrement augmenté dans les pays occidentaux. Cette tendance est en train d’être inversée pour la première fois : les individus nés aujourd’hui vivront en moyenne une vie plus courte que leurs parents notamment en raison des régimes alimentaires malsains et du manque d’exercice.

Les bases d’une alimentation saine doivent devenir un élément beaucoup plus important de l’éducation qu’elles ne le sont actuellement , estiment-ils.

 

Psychomédia avec sources : University of Bonn, Cell.
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