Le public d’ana’chronique

Lors du long montage du projet, et plus particulièrement dans les démarches relatives au financement, est revenue une incontournable question : quel sera votre public ? La réponse est pourtant assez simple puisque se nourrir nous concerne tous, que nous soyons jeunes ou pas, fortunés ou pas, malades ou bien portants. Plus précisément, ana’chronique s’adresse aux curieux, aux amoureux de la vie, aux amateurs d’insolite, aux rebelles qui refusent le prêt-à-manger, aux espiègles qui souhaitent mettre un brin d’esprit dans leur assiette, aux exigeants qui recherchent leur voie d’autonomie pour s’épanouir pleinement au quotidien…

Les femmes d’abord

C’est un constat : les femmes sont généralement nettement plus sensibles aux enjeux alimentaires que les hommes, plus curieuses et plus ouvertes aussi. Les motivations sont diverses. L’intérêt est souvent de prime abord culinaire, avec l’envie d’apprendre à cuisiner ; il peut être aussi diététique, dicté alors par un souci d’apparence corporel (les ¾ des femmes françaises passent paraît-il leur vie  à faire des régimes). Comme le relève Jean-Paul Kaufman, dans « Amour, casseroles et crise », c’est lorsque le premier enfant paraît que les femmes s’investissent davantage et commencent à se préoccuper de la façon de nourrir leur bébé et ce faisant, le foyer. Ainsi peut débuter un cheminement de découverte, qui se transformera peut-être en véritable exploration.
Pour d’autres, ce sera la maladie qui servira de tremplin pour tenter de comprendre, déjouer et finalement reprendre la main, avec une nouvelle conscience des enjeux, des contraintes et des pièges.
Dans tous les cas, il apparaît que manger sainement n’est ni triste, ni monotone, puisqu’au plaisir du goût des produits retrouvé se conjugue la satisfaction de se sentir libre dans son corps… et dans sa tête. Car si la digestion se fait légère, l’esprit aussi.

Motivations, de la curiosité au respect de soi

La curiosité est en effet une formidable qualité. L’enfant est curieux par nature, pose mille questions, touche, s’aventure, tout simplement pour faire connaissance avec le monde. Et explorer le monde, c’est s’explorer soi-même en retour. En matière d’alimentation, la curiosité est généralement gustative et stimule l’envie de tester des produits encore inconnus (et ils sont nombreux pour ceux qui découvrent l’offre de produits bruts ou à peine transformés disponibles sur les étals des boutiques bio), de goûter des recettes insolites, de percer les secrets de fabrication… Cette curiosité nourrit le souci de connaître et comprendre pour faire pleinement sien. Par exemple, prenez une purée d’oléagineux : d’où vient-elle, qu’en faire, quel est son intérêt, est-ce bon pour moi… ? Sans même en prendre conscience, ces quelques interrogations nous font glisser vers une nouvelle dimension : celle de la nutrition et avec elle, une nouvelle appréhension des besoins du corps. Celui-ci n’est plus perçu comme une mécanique à contrôler, mais un organisme hautement réactif avec lequel nous ne faisons qu’un. Nous saisissons alors le sens de la notion d’interaction entre l’intérieur et l’extérieur, univers complexe mais fascinant, qui permet de se familiariser avec les mécanismes régulateurs et donc de déterminer l’origine des éventuels dysfonctionnements ou tout simplement de mieux vivre au quotidien.

Ils ont dit…
• « Franchement, moi qui n’aime ni les lentilles, ni les navets, ni le potimarron, je suis bluffé : c’est bon ! »
Un passant lors du Terra Madre Day sur le thème d’un repas de Noël local et pas cher
• « Je n’avais jamais franchement accordé d’attention à la portée de l’alimentation, mais grâce à cette soirée, j’ai découvert d’autres dimensions totalement insoupçonnées. Je ne regarderai plus mon assiette de la même façon…»
Un participant au dîner conté Sex food ou la cuisine de l’amour avec Slow Food Volca’niac
• « Parce que je faisais de l’hypoglycémie, jamais je n’aurais imaginer devenir diabétique. Avec le cours, j’ai compris pourquoi et comment. »
Une participante du cours « Mieux manger, mieux vivre » du programme de l’Université populaire de la Dore (Ambert)
• « Ce qui est formidable avec cet atelier, c’est que non seulement on fait des chocolats, mais on apprend aussi beaucoup sur les produits et l’art de s’alimenter. »
Une participante à l’atelier cadeaux gourmands

Pour ne plus manger idiot

Loin de prôner une énième méthode, ana’chronique n’a pas la prétention d’éduquer, mais plus subtilement d’éveiller les sens et l’intelligence. Chacun cheminant à son rythme, l’offre se veut multiforme, du moment convivial qui allie gourmandise, découverte et connaissance au stage de reprise en main, en passant par les ateliers pour expérimenter, les cours pour apprendre ou encore l’accompagnement personnalisé. Le fil rouge : donner des clés de connaissance, apporter des éclairages, inviter à exercer son discernement, à ressentir et éprouver pour vérifier par soi-même, le tout dans le respect du vivant et des individualités. Ici, pas de pensée unique vantant une panacée plutôt qu’une autre, du tout cru au paléo, mais une analyse critique, soucieuse de cohérence globale, avec au final l’enjeu de retrouver la pleine satisfaction de manger, avec plaisir et conscience, sans esbroufe ni snobisme.

Ana’chronique ? Pour toutes celles et tous ceux pour qui se nourrir ne signifie pas se remplir.

Une réponse à Le public d’ana’chronique

  1. stockli dit :

    Bravo Ana C
    c’est toujours un régal de te lire!
    Enfin, je suis de retour près de mes oliviers et des amandiers en fleurs, je me sens plus près de la bonne et vraie nourriture.
    J’ai passé quelques mois en Amérique du nord et ai constaté que les gens ne savent plus vivre ni manger et cela m’a conforté dans mon désir de rester loin des artifices de l’occident !
    Vive ma campagne Marocaine ou je peux déguster les fruits et légumes de mon jardin sans avoir peur de m’empoisonner !!!!!!!!
    Merci pour ce que tu nous donnes à travers tes chroniques
    Bisous
    Jacques

Laisser un commentaire