Les herbes de la Saint-Jean

Entre légende et tradition, voici quelques herbes dont on dit qu’elles guérissent tous les maux et que leurs vertus sont à leur apogée au matin du 24 juin, pour la Saint-Jean. Qu’en est-il vraiment ?

« Les herbes de la Saint Jean gardent leurs vertus tout l’an »

Herbes miraculeuses ?

À en croire l’expression « avoir utilisé toutes les herbes de la Saint-Jean » pour signifier que tout a été tenté, effectivement elles le sont ! Et à regarder cette liste de 7 herbes quasi sacrées, nous comprenons qu’elles formaient la pharmacopée de base des foyers : sauge, achillée millefeuille, marguerite, lierre terrestre, joubarde, armoise et millepertuis. Incontestablement, la sauge ou salvia, qui signifie guérir, fait figure de panacée dès l’Antiquité. L’achillée millefeuille était déjà prisée par Achille et ses guerriers, qui utilisaient son suc frais pour guérir leurs blessures. Les fleurs infusées luttent contre les parasites intestinaux. L’armoise a la réputation de soigner les troubles féminins. La joubarbe, herbe de Jupiter, utilisée en cataplasme de feuilles fraîches, est souveraine dans les affections épidermiques : cors, dartres, gerçures, piqûres d’insectes… Le millepertuis, dont on fait la fameuse huile rouge par macération de ses fleurs dans l’huile, soigne les brûlures et calme les rhumatismes… Le lierre terrestre soulage les troubles des bronches et enfin, la marguerite s’utilise fraîche, le cœur broyé, sur les plaies qu’elle aide à cicatriser. Sèche et infusée 10 minutes, à raison d’une cuillerée à soupe de fleurs par tasse, elle soigne les conjonctivites.
À ces 7 plantes de référence, s’ajoutent 20 complémentaires et des nuances selon les régions dont : l’angélique, l’arnica, l’aubépine, la bourrache, la camomille, la capucine, la chélidoine, le chiendent, le chrysanthème des moissons, la cuscute, la drosera, l’épervière, la feuille de noyer, la fougère, la gentiane, l’hysope, l’immortelle, la lavande, le lycopode officinale, la marjolaine, la mauve, la mélisse, la menthe, la myrte, la pimprenelle, le pissenlit, le plantain, la reine des prés, le romarin, le serpolet, le souci, le sureau noir, le thym, la verveine…

Célébrer l’alliance des éléments

Un véritable rituel accompagne la cueillette, comme en Catalogne où la coutume reste bien ancrée, avec la confection de croix, couronnes et bouquets. Composés d’orpin, de millepertuis, d’immortelle et de feuilles de noyer, ces bouquets appelés ramellets de la Saint-Jean sont accrochés aux portes pour protéger les habitations.
En fait, la Saint-Jean devrait coïncider avec le solstice d’été, soit le 21 juin, moment où les forces de vie sont maximales et que les plantes offrent alors le meilleur de leurs bienfaits. C’est pourquoi, il est dit que la cueillette doit s’effectuer tôt le matin, avant le lever du soleil. Plus encore, ces herbes et le rituel qui accompagne leur cueillette célèbrent les 4 éléments : l’eau, le feu, l’air et la terre. Qualifiées de “Fontaines de Santé” par les Celtes, ces herbes sont liées à la symbolique de l’eau, à commencer celle de la rosée du matin de la cueillette, ou encore celle des fontaines que l’on orne à cette occasion dans de nombreuses régions, notamment en Provence. En tant que fête du solstice d’été, date à laquelle le soleil atteint son apogée, la Saint-Jean célèbre aussi le feu. À noter que le jaune prédomine dans les bouquets confectionnés. Entre terre et air, les plantes par leurs racines et leurs rameaux relient le bas et le haut, le passé et l’avenir, le matériel et le spirituel. C’est aussi l’un des sens donné à la croix, alors que la couronne, évocation du cercle solaire, est un symbole de protection.

Recette de sorcière
À la Saint-Jean, il est paraît-il bon d’avoir le cœur en amour ! Voici donc la recette de la « poudre de badinage» composée de marjolaine, thym, verveine et myrte, qui, une fois séchées seront réduites en poudre et tamisées. Il suffira alors de respirer ce mélange pour se sentir le cœur léger et l’esprit ouvert !

Les feux de la Saint-Jean

Avant le Concordat de 1801, la Saint-Jean était une fête chômée en France, qui donnait l’occasion de célébrer, un peu tardivement, le solstice d’été, soit le jour le plus long de l’année. C’est avec Noël, l’une des rares fêtes fondée sur une naissance, celle de Saint Jean Baptiste qui baptisa le Christ, et non une mort. Au départ, la Saint-Jean est une fête païenne et surtout une fête agraire qui marque un moment de plénitude de la nature, avant que la lumière ne commence à décroître. C’est donc une fête solaire et c’est pourquoi elle est placée sous le signe du feu. Tradition bien présente dans de nombreux pays, de la Chine au Danemark, en passant par le Québec, les feux de la Saint-Jean sont une occasion de se réunir, de chanter, de danser, et de sauter au-dessus des flammes auxquelles on prête des vertus magiques : purification et protection vis-à-vis des maladies, des sortilèges et autres fléaux… Ailleurs, ces feux sont censés permettre de se défaire de ses pensées négatives ou de se repentir d’actes condamnables. Plus tard, les cendres froides pourront être répandues dans les champs pour protéger les récoltes de la foudre et des incendies.

Alors, que vous soyez en France ou ailleurs, soyez de la fête et n’oubliez pas de cueillir les simples qui accompagneront votre année et soigneront vos maux en douceur.

______________

Pour aller plus loin
• Aux Herbes de la Saint-Jean : carnet de notes d’une herboriste
Pascale Maasdam, Amyris, 2006
Voici un ouvrage en forme de clin d’œil puisque c’est place Saint-Jean, à Lyon, qu’est allumé chaque année le fameux feu dans lequel sera brûlée la sorcière. Et c’est sur cette place qu’exerça pendant plus de quarante ans Simone Chavassieu, l’une des dernières herboristes. Pascale Maasdam son assistante, a choisi de conserver la mémoire de cette échoppe et de ses secrets, et raconte « les fins mélanges, breuvages, tisanes contre les maux… les secrets de la santé ».

Publié dans • Santé globale | Marqué avec , | Commentaires fermés

Big data et politique, à quoi sert la collecte des données

La Radio Télévision Suisse nous donne un exemple d’actualité pour illustrer l’intérêt que peut revêtir la collecte des données au travers de nos connexions et réseaux. Et n’oubliez pas, comme le rappelle cet article relayé par Reporterre (Linky vendra les données de votre vie) que le compteur Linky déployé en ce moment même sur le territoire français participe de la collecte de nos données.

Le reportage de la RTS

Emmanuel Macron est arrivé en tête du premier tour de la présidentielle française dimanche dernier. Cette victoire est également celle d’une méthode qui a porté sa campagne: celle du “big data”, l’analyse des mégadonnées.

politique-big-data-is-watching-you?id=8583328

 

Emmanuel Macron est arrivé en tête du premier tour de la présidentielle française dimanche dernier. Cette victoire est également celle d'une méthode qui a porté sa campagne: celle du "big data", l'analyse des mégadonnées.
Le principe est relativement simple et puissant. Il s'agit de baser une stratégie électorale sur les données des citoyens afin de savoir sur quels quartiers du pays se concentrer et cibler les indécis.
Derrière cette approche scientifique high-tech se cache une start-up parisienne, Liegey Muller et Pons (LMP), qui oeuvre pour le candidat centriste.
"Nous sommes capables de caractériser les quartiers en termes électoraux et sociologiques: quels sont les quartiers plutôt à gauche, à droite, indécis, jeunes, vieux, riches ou bobos, explique à la RTS Arthur Muller, co-fondateur de LMP. Et nous sommes capables de le faire pour tous les quartiers parisiens et tous ceux de France."

Lire la suite et voir le reportage sur le site de la RTS

 

 

Publié dans • Humeur du jour | Commentaires fermés

Retrouver le goût de la douceur

Les sucres sont aujourd’hui, dans les sociétés occidentales, consommés en excès. Certes, si les Français sont loin des scores détenus par les Américains, force est de constater que nous suivons malheureusement la même voie. Si le sevrage  pur – rappelons ici que le mécanisme d’addiction au sucre est similaire à celui des drogues dites dures – peut s’avérer difficile, diminuer ses apports au quotidien est nettement plus aisé. Voici donc quelques pistes pour y parvenir.

Pourquoi parler des sucres et non du sucre ?
Ordinairement, le mangeur assimile le sucre au sucre ajouté à son café, son thé, son fromage blanc… ou à ses recettes de dessert et oublie les autres sources de glucides, terme générique pour désigner les apports d’hydrates de carbones dont le sucre fait partie. Derrière le mot sucre se rangent donc les céréales (pain, riz…), les pseudo-céréales (sarrasin, quinoa…), les légumineuses (lentilles, pois chiches…) et aussi les tubercules dont la pomme de terre !

Tout commence dès le petit-déjeuner

Il n’y a pas si longtemps, la soupe était de mise, comme elle l’est encore dans de nombreux pays. Le petit déjeuner tel que composé aujourd’hui est une institution récente et il s’avère hautement dommageable à la bonne régulation de la glycémie. En clair, il est trop sucré ! Jus de fruit, pain, confiture, céréales du petit déjeuner sont toutes des sources de sucre. Quant au chocolat, dès lors qu’il est déjà sucré, l’est toujours en excès. Or ces sources de sucre ne s’imposent pas le matin, tout simplement parce que le cortisol, hormone qui élève le taux de sucre sanguin est déjà haut pour nous permettre de passer à la phase d’éveil, de même que la sensibilité à l’insuline, hormone qui permet la pénétration du sucre dans la cellule, est également plus importante. Ainsi, si ce petit déjeuner n’est pas suivi d’une activité physique intense, ce carburant que représente le sucre, ne sera pas utilisé, mais stocké sous forme de graisse sous l’action de l’insuline. Comme l’apport en sucres est nettement supérieur aux besoins, le pic de glycémie sera suivi d’une baisse marquée, qui ouvre la voie à un passage en hypoglycémie, autrement dit, le coup de barre et l’irritation de la fin de matinée.
Et dès lors que ce yoyo de l’hyper suivie de l’hypo se met en place dès le matin, il risque chez les plus sensibles de conduire à une succession de hauts et de bas qui se traduisent par des fringales et souvent des grignotages.
Idéalement, le petit-déjeuner devrait donc comporter davantage de protéines et de graisses que de sucres, ce qui assurera une satiété durable. Du bouillon pour les plus audacieux, du fromage, de la charcuterie ou des œufs, du fromage blanc, des oléagineux (amandes, noisettes, noix, cajou…) et éventuellement des fruits frais entiers.

Des collations sans coup de barre

Les biscuits, les barres chocolatées, les sodas… sont autant de pièges pour la glycémie. En cas de fringales, opter pour des fruits à coque (amandes, noix…) à grignoter avec quelques fruits séchés, pourvoyeurs de sucres certes, mais aussi de fibres, minéraux, vitamines… Et n’oubliez pas que boire de l’eau, à température ou chaude, est le meilleur moyen de répondre à une compulsion car, dans nos excès, nous confondons souvent la faim avec la soif ! Mais nous aurons prochainement l’occasion de revenir sur cet aliment incontournable et vital que représente l’eau.

À l’heure de l’apéro

L’apéritif, bien que salé, est aussi un gros pourvoyeur de sucres. Les boissons, qu’il s’agisse de sodas (le pire !), de bière, de vins ou d’apéritif apportent toutes des sucres, sans compter que l’alcool en tant que tel en véhicule aussi. Quant aux grignotages ordinaires, ils sont quasi tous trop sucrés dès lors qu’ils sont issus de l’agro-industrie. Entre le sucre ajouté, les pâtes cuites (biscuits) et pire encore, les produits soufflés, extrudés ou frits. En effet, plus la température de cuisson est élevée et plus l’Index glycémique (capacité de l’aliment à faire monter le taux de sucre sanguin) de l’aliment augmente. Le mieux est de recourir à des préparations maison et à équilibrer entre crackers et compositions à base de légumes, comme les innombrables tartinades et trempettes. Ce choix permet de minimiser l’apport global en glucides, d’intégrer des fibres et de bonnes graisses qui freinent le passage du sucre dans le sang.

Des repas reconstituants

La première des règles est de ne pas cumuler trop de sources de glucides en mangeant au même repas du pain, des pommes de terre ou du riz, des pâtes, des préparations en pâte (pizza, tarte, gâteaux…)… Trop de repas en effet oublient l’apport en légumes, en crudités et en verdures, la caricature étant charcuterie en entrée, protéines animales (viandes ou poisson) accompagnées de riz ou de pâtes ou de pomme de terre, fromage avec pain et dessert avec ou sans farine. Coup de pompe assuré car la digestion après un repas requiert 65 % de notre énergie disponible ! D’où l’obligation d’un petit noir, souvent sucré, pour fouetter l’organisme ! Pensez donc à équilibrer les apports en contrebalançant les excès avec toujours un peu de cru en entrée (salade verte, crudités…), des légumes en accompagnement, du fromage ou de la viande car il est inutile de cumuler les deux). Ne multipliez pas non plus le recours aux hautes températures pour vos cuissons. Friture ou passage à la poêle sont équivalents !  Des pommes de terre sautées de temps en temps oui, plusieurs fois par semaine, non ! Quant au dessert, il n’a rien d’obligatoire ! Pour mémoire, la pratique du dessert n’a fait son apparition qu’au XVIIe siècle et sur les tables aristocratiques seulement car le sucre, très cher à l’époque était un marqueur social. Le dessert ne gagnera l’ensemble de la population qu’à la faveur de la chute des cours du sucre consécutive à la mise au point du raffinage de la betterave ! C’est d’ailleurs à partir du XVIIe que la cuisine française abandonne les mets salés-sucrés et les aigres-doux au profit d’une distinction très nette entre plats salés et préparations sucrées. Cet état de fait m’amène à une réflexion toute personnelle sur la notion d’équilibre des saveurs. En effet, dans quasi toutes les cultures culinaires, les mets salés –sucrés sont fréquents. Or, les médecines traditionnelles notamment chinoise et indiennes, qui sont les plus connues pour nous insistent sur l’équilibre des saveurs au sein du même repas. Mais attention, il ne s’agit pas de sucré, mais de doux ! En oubliant d’intégrer le doux dans nos plats, n’avons-nous pas finalement oublié une saveur au point de générer une frustration qui nous conduit à l’incapacité d’achever un repas sans une note sucrée ? Autre aspect non négligeable également suggéré ici, notre propension à combler nos frustrations et notre besoin de sécurité par le sucre !
Dès lors, comment faire ?

Des desserts moins sucrés

Encore une fois, règle d’or, privilégier le fait-maison qui permet de maîtriser les produits mis en œuvre ! Sachant que les recettes de pâtisseries courantes sont toujours trop sucrées, il suffit de diminuer les quantités de 20 à 50 %. Pour vous tester, diminuer progressivement les doses. Pour que le sucre ait moins d’effets délétères, vous pouvez aussi opter pour des sucres riches en minéraux, vitamines et donc arômes que sont le suc de canne intégral (disponible en boutique bio sous différents noms dont le rapadura et le muscovado), le sirop d’érable, la mélasse et bien sûr le miel !
Vous pouvez également tenter les innombrables recettes de gâteaux à base de légumes ou encore les desserts issus de la mouvance crudivore. Qu’il s’agisse des uns ou des autres, leur densité nutritionnelle invite à la dégustation et non à l’engloutissement. Les premiers permettent d’optimiser sa consommation de légumes et donc de fibres. Comme ils apportent naturellement de la douceur, ils participent à sucrer la préparation. Le plus connu est le gâteau à la carotte, mais il existe des gâteaux et fondants à la betterave, au potiron ou potimarron, à la courgette, au panais… tous apportent par ailleurs des fibres, qui, rappelons-le permettent de réguler le transit et de freiner le passage du sucre dans le sang. Les légumineuses peuvent aussi constituer un bon choix. Plus douces que les céréales et pourvues en fibres, elles donnent des desserts insolites et offrent l’occasion d’expérimenter cette ressource sous forme de farine, même s’il est possible de travailler avec des graines cuites et réduites en purée. Quant aux desserts crus, ils sont l’occasion de réhabiliter les oléagineux (noix, noisettes, amandes…) et les fruits séchés (raisins, figues, dattes…). Ces mêmes fruits peuvent intégrer des préparations cuites pour éviter d’avoir la main lourde sur le sucre pur !
Enfin, le repas peut s’achever sur une toute petite note sucrée comme un carré de chocolat à au moins 70 % de cacao, une truffe maison…

Le sucre et les enfants
Les enfants constituent un public particulièrement vulnérable à l’appel du sucre puisqu’ils ont besoin de la saveur douce pour assurer leur besoin de sécurité (affective) durant ce temps de dépendance aux parents nourriciers. L’amour reste d’ailleurs le premier aliment dont ils ont fondamentalement besoin, c’est pourquoi il importe de ne pas confondre affection et sucreries. Il est alors essentiel de ne pas survaloriser les aliments sucrés en les dotant d’un caractère de récompense avec des « si tu ne manges pas tes haricots, tu n’auras pas de dessert » ou « si tu fais ceci, tu auras droit à des bonbons ». De la même façon, un enfant qui a soif a besoin d’eau et non d’un soda, d’un jus de fruit ou d’un sirop. N’oubliez pas qu’un jus de fruit est aussi chargé en sucre qu’un soda ! Certes la nature des sucres est différente, mais dépourvu des fibres présentes dans le fruit entier, ce jus est une bombe hyper-glycémiante.
Enfin, préférez les préparations maison pour les collations et goûters car ce qui est issu de l’agro-industrie est trop sucré et souvent édulcoré avec du sirop de maïs, également dénommé glucose-fructose ou isoglucose. Ce sucre a une action particulièrement défavorable sur le foie qu’il contribue à rendre gras, d’où le développement à l’âge adulte des stéatoses hépatiques non médicamenteuses ou « foie gras », dont vous entendrez peut-être parler sous la dénomination de « maladie du soda ». C’est d’ailleurs l’une des raisons qui contribue à l’apparition de micro-cirrhose chez les enfants.

 

Réguler sa glycémie en dehors des apports alimentaires

Nous avions déjà évoqué le stress comme facteur essentiel de dérégulation, stress qui pousse de surcroît à surconsommer des aliments sucrés, mais il existe un autre facteur encore trop méconnu issu des technologies. En effet, l’exposition aux ondes électromagnétiques crée un stress organique et contribue à faire remonter la glycémie. Les portables donnés aux enfants ne sont donc pas une idée généreuse, pas plus que ceux qui reposent sur le chevet la nuit, pas plus que la Wifi à la maison, dans les espaces publics ou les lieux de travail…

 

 

 

 

Publié dans • À table ! Produits et recettes | Marqué avec , , , , , | Commentaires fermés

Ménage de printemps

Le printemps est une saison vraiment formidable qui nous offre à chaque cycle l’occasion d’approcher un peu plus l’essence de notre Être. En effet, le printemps nous permet de revivre la dynamique de l’adolescence, ce temps hautement structurant où chacun est conduit à « renégocier le contrat », c’est-à-dire faire le tri dans les héritages et habitudes afin de se défaire de ce qui ne lui correspond pas ou plus et d’affirmer ainsi personnalité, et surtout individualité (et non individualisme !). Si l’adolescence, par le chaos qu’elle peut impliquer, se fait parfois violente, le printemps en nous immergeant dans un bain de couleur verte, aux effets apaisants et régénérants bien connus, entre ainsi en résonance sur un plan subtil avec le chakra du cœur. Voici donc venu le temps de l’ouverture…


Ménage de printemps, le stage
Ana’chronique vous propose une immersion de 3 jours au cœur de la nature auvergnate pour écouter chanter les sources et les oiseaux, sentir la fraicheur de l’air dynamiser vos poumons, se laisser bercer par l’explosion de mille nuances de verts et laisser ainsi librement vos sens s’éveiller et se déployer. Cette approche sensorielle trouvera son complément dans l’assiette avec des verdures, des plantes sauvages, des graines germées… associées aux classiques du nettoyage de printemps. Aux plaisirs des sens se mêleront ceux de la connaissance et de l’expérience, biais indispensables pour donner de la saveur aux savoirs.
Nombre de places limitées.
Plus d’information ici.

Le temps de l’affirmation de Soi

L’adolescence est souvent assimilée au printemps de la vie, période où l’individu sort de l’enfance et se construit son propre référentiel de valeurs pour avancer de manière plus autonome dans l’existence et partir ainsi à la conquête du monde et de lui-même. Période de chamboulement hormonal et de métamorphose physique, elle invite à muer d’une certaine façon, c’est-à-dire à se défaire de ce qui a été, à distinguer dans l’héritage transmis ce qui sera conservé et ce qui doit être abandonné afin d’évoluer vers l’autonomie. Ce grand moment de remise en cause correspond à la fameuse crise d’adolescence, nécessaire et salutaire, mais qui peut passer par un rejet total des parents et de toute forme d’autorité, la finalité étant de permettre à l’individu de se distinguer, d’affirmer sa singularité et de s’affranchir ainsi des tutelles, c’est-à-dire des projections les plus diverses, conscientes et inconscientes, dont il a été l’objet, mais aussi des normes. C’est l’âge où il explose les cadres, teste ses limites et aspire alors à être respecté dans sa différence, ce qui peut parfois générer de la colère, émotion attachée au Foie selon la médecine traditionnelle chinoise, le Foie étant l’expression et la manifestation du Moi et de la volonté. Or le Foie est l’organe dont l’activité est maximale au printemps, saison qui offre à chacun d’entre nous l’occasion d’opérer un grand ménage tant physique que psychologique. Au moment de l’adolescence, si l’individu éprouve des difficultés à s’affirmer et à faire reconnaître la singularité de son don, il peut devenir extrêmement vulnérable à de nouvelles dépendances et notamment celles des paradis artificiels, qui offrent un échappatoire… totalement illusoire s’il n’est pas dépassé.

La force de croissance du printemps

Enclins à nous extérioriser, mus par des projets, dynamisés par la lumière, nous éprouvons le besoin de nous délester, de nous défaire de nos vieilles pelures pour nous sentir comme neuf dans un cycle neuf. Il s’agit de faire peau neuve tout simplement. L’énergie du Foie nous convie à fluidifier nos pensées et notre organisme, à laisser de nouveau circuler librement en nous les principes de vie, à l’instar de la sève chez les végétaux. C’est donc le moment idéal de grandir intérieurement, d’opérer une nouvelle poussée qui nous permettra d’approcher encore un peu plus notre Essence. Il nous appartient alors de savoir tirer profit de l’activité du Foie pour débloquer colère et ressentiment, toute émotion et tout ressenti liés au fait de ne pas avoir été respecté, ou d’avoir été abusé, trahi… non reconnu. Si la saveur acide, associée au Foie, assure le travail de fluidification, trop d’acide peut conduire à l’explosion. Aussi, pour gérer ce délicat passage, la Nature nous enveloppe de vert et nous livre des saveurs amères qui l’un comme les autres vont soutenir le Cœur afin de nous permettre d’opérer cette croissance et cette affirmation sans violence, en ayant le verbe et le geste justes. Nous pourrons alors rayonner de cette énergie subtile et puissante que nous nommons l’Amour et qui sera au maximum de son extériorisation avec l’été.

Quand commence réellement le printemps ?
Cette question peut paraître stupide puisque le calendrier en vigueur dans nos sociétés nous indique officiellement la date du 20 mars qui correspond à l’équinoxe de printemps. Mais est-ce si sûr ? En relisant les propos de Jeanne Rousseau, qui a beaucoup travaillé avec Louis Claude Vincent, le père de la bioélectronique, j’ai découvert que dans la civilisation celte, équinoxes et solstices marquaient le milieu de saison et cette conception m’est apparue pleinement logique puisque calée sur le degré d’intensité lumineuse. D’ailleurs, le calendrier chinois débute en février, tout comme l’année agricole débute avec la Chandeleur, et la tradition des herbes de la Saint-Jean nous rappelle que les principes actifs des végétaux développent leur plein potentiel au moment du solstice d’été, lorsque la lumière est maximale. Et cette année, j’ai été frappée de constater à quel point les manifestations du retour de la vie étaient bien perceptibles dès février.
Le décalage existant entre notre calendrier officiel et le cycle solaire n’a rien d’anecdotique et nous conduit à vivre encore un peu plus en étant déphasés, désaccordés.

Accompagner le renouveau

À la campagne et au niveau alimentaire, cette transition se faisait de fait puisque les réserves hivernales arrivées à leur terme, il fallait compter sur les sauvages, drainantes, reminéralisantes et donc restructurantes et régénérantes par l’apport en chlorophylle et en eau végétative hautement dynamisée par les forces de croissance alors à leur maximum d’activité. Par ailleurs, le printemps marquant le retour des travaux des champs et des jardins, l’individu se trouvait naturellement confronté aux Éléments qui allaient tout à la fois le soutenir et l’aguerrir. Comme le monde contemporain nous éloigne de plus en plus des énergies à l’œuvre dans la Nature, il nous faut produire un effort pour retrouver cette dynamique de saison. Jeûne, Carême, détox ou retraite en pleine nature sont autant de façons conscientes de s’accorder une pause pour se remettre en cause, se défaire de vielles habitudes obsolètes et de dépendances diverses, amorcer un nouveau cycle, se repositionner et poursuive son propre chemin en individu libre. Le regain d’intérêt pour ce type d’expérience trahit bien l’émergence d’une nouvelle aspiration au sein des populations « riches », révélant ainsi l’incapacité du matérialisme à combler les besoins essentiels de créativité et de réalisation de soi. L’avoir ne saurait satisfaire l’être.

 

L’offre de printemps chez ana’chronique
En plus du stage Ménage de printemps, ana’chronique propose d’autres opportunités de vivre le renouveau du printemps. Pour les plus autonomes, l’atelier théorique dédié aux « Jeûne et jeûne intermittent »  (vendredi 31 mars) permet de comprendre les fondements et les changements physiologiques inhérents à ces pratiques ainsi que les façons de les mettre en œuvre. De même l’atelier « Détox, mode d’emploi », non programmé cet année, reste accessible dès lors que 3 personnes sont intéressées.
Pour ceux qui souhaitent bénéficier d’une dynamique de groupe, Sophie Gugliandolo propose 2 séjours de retour à soi. Le premier, du 17 au 21 avril, intitulé « Corps & Âme » s’assimile à une retraite guidée (plus de détails ici) ; le second, du 20 au 26 mai, est un jeûne de 6 jours assorti de marche, travail vocal et Qi Gong (plus de détails ici).

Publié dans • Santé globale | Marqué avec , | Commentaires fermés

Se sucrer le bec ou comment ruiner sa santé

Depuis longtemps pointé du doigt, le sucre est, selon Michel Raymond*, l’aliment dont la consommation massive a été la plus brutale. Du produit de luxe assimilé à une épice, voire un remède, le sucre est devenu, grâce à la découverte du Nouveau Monde et à la réinstauration de l’esclavage, un produit bon marché. Le sucré, saveur extrême de la douceur primordiale, a envahi nos vies au point de nous faire croire que nous vivons une éternelle trêve des confiseurs. Mais à quel prix ?

Du doux au sucré

L’alimentation humaine a toujours comporté une part de douceur car nombre d’aliments sont des pourvoyeurs de glucides sans pour autant être du sucre ! La première grande révolution alimentaire, consécutive au développement de l’agriculture, a fait des céréales et plus modestement des légumineuses, les piliers des apports quotidiens. Ce changement majeur a, selon les anthropologues, eu des répercussions rapides sur la santé avec notamment altération des dents et des squelettes. La seconde révolution a été induite par le développement de la canne à sucre sur des terres nouvellement découvertes. Parallèlement, l’engouement pour les boissons amères issues de ces contrées lointaines, cacao et café, contribua à faire augmenter la demande. Le Procope, premier café parisien si cher aux intellectuels, est l’un des initiateurs de cette consommation, ce qui fait dire à Olivier Soulier*, non sans ironie : « on a réinventé l’esclavage, aboli sous les Romains, pour permettre aux philosophes de philosopher ». À méditer…
Si au XVIIe siècle, les desserts sophistiqués font une apparition très marquée sur les tables aristocratiques soucieuses de distinction, il faut attendre le XIXe, avec notamment la mise au point du raffinage des betteraves par Benjamin Delessert pour que le sucre pur devienne un produit de consommation plus courant, grâce notamment à la chute de son prix. En effet, Napoléon désireux de contrer le blocus maritime, qui oppose la France à l’Angleterre et empêche l’arrivée du sucre de canne des Antilles, voit dans cette découverte une nouvelle richesse pour la France et ordonne par décret la plantation de 100 000 hectares de betterave. La France devient ainsi le premier producteur de sucre de betterave. Mais le boom au niveau de la consommation s’est produit véritablement après la seconde guerre mondiale. Et les statistiques donnent le tournis, de quelque 2 kg/an/pers au XIXe siècle, la consommation atteint 36 kg dans les années 1970 pour se stabiliser à quelque 34 kg actuellement en France. Néanmoins ce tassement est trompeur car si la consommation directe a bien un peu baissé, la consommation indirecte, elle, par le biais des produits transformés, reste très élevée, voire augmente. Veronica Van der Spek* avance même que la consommation totale serait 20 fois supérieure à nos besoins.

Le sucre appelle le sucre

Chacun en a fait l’expérience, le sucre stimule l’envie de remanger, ce qu’a parfaitement bien compris l’industrie qui glisse du sucre un peu partout, y compris dans les charcuteries. Et ce qui est vrai pour la seule appétence n’est que le reflet d’un appel interne induit par les variations de la glycémie. En effet, toute ingestion de sucre simple, tel le sucre de table (saccharose) ou tout produit sucré composé de glucose, entraîne une élévation rapide du taux de glucose sanguin et par voie de conséquence d’insuline, destinée à ramener ce taux dans une limite acceptable. Car si le glucose constitue l’un des carburants du cerveau (nous verrons ultérieurement qu’il fonctionne mieux en fait avec des graisses), celui-ci supporte mal les grandes variations, aussi bien dans un sens que dans l’autre. Au fil du temps, ces ingestions répétées appelant des réponses extrêmes finissent par déséquilibrer les mécanismes régulateurs, générant tout d’abord une hypoglycémie silencieuse, porte ouverte à un diabète de type 2. Consommer de façon régulière et répétée des produits sucrants et sucrés n’est donc en rien anodin et relève du cercle vicieux puisque l’hypoglycémie engendre le besoin de consommer… du sucre ! Il est à noter également que les fumeurs, les alcooliques, les grands buveurs de café, les récidivistes des régimes, entre autres, sont aussi victimes d’hypoglycémie.

Sucre et humeur, liaison dangereuse
Les recherches sur l’addiction au sucre sont nombreuses et révèlent de nombreuses interactions avec les neurotransmetteurs. Par exemple, le sucre contribue notamment à augmenter la synthèse de la sérotonine, ce neurotransmetteur régulateur de l’humeur dont la vertu principale est de calmer. En parallèle, l’insuline sécrétée en réponse à l’ingestion de sucre, stimule la pénétration de la sérotonine dans le cerveau, générant une sensation de calme et de bien-être certes, mais d’une durée incroyablement brève, une heure à une heure et demie au maximum. À la clé se manifesteront l’irritabilité, l’impatience, la nervosité, l’agressivité… appelant un nouvel apport de sucre. En fait, tout se passe donc comme si le sucre nous rendait dépendants de son effet sédatif passager, exactement comme une drogue. D’après Julia Ross*, nous serions en fait dépendants aux endorphines que l’organisme sécrète après l’ingestion de sucre…

La gestion de la glycémie, une clé de l’indépendance

Si l’enfant nouveau né éprouve le besoin de manger souvent, il acquiert au fil du temps la capacité à gérer ses réserves énergétiques et donc à espacer ses prises alimentaires. Il passe ainsi de la dépendance totale à la mère à l’indépendance qui lui permet de jeûner pendant un temps de plus en plus long. Pour Olivier Soulier, cette capacité s’assimile à l’accession à une certaine forme de sagesse, signe de maturité, qui permet à l’individu de devenir autonome. Au contraire, les sucres rapides et les ingestions répétées qu’ils suscitent enferment l’individu dans la dépendance. C’est pourquoi le sucre, et plus encore ses effets sur le cerveau, sont comparés à ceux de la cocaïne, ce qui donne grandement à réfléchir sur nos consommations quotidiennes qui cumulent sucres simples et sucres complexes (céréales notamment). Anecdote éloquente, Serge Ahmed, directeur de recherche au CNRS et par ailleurs auteur d’une étude sur l’addiction due au sucre, invité à commenter les résultats d’une récente étude américaine, menée par l’ONG Environemental Working Group (EWG), sur les céréales du petit déjeuner, mentionne : « Le plus surprenant est que les industriels appellent ces produits des céréales alors qu’il s’agit en réalité de sucreries. » Une belle invitation à la vigilance car l’ingestion, dès le lever, de produits très sucrés est la garantie de devoir affronter à court terme le fameux coup de barre de la fin de matinée. Changer le contenu de son petit déjeuner est alors la première des résolutions à prendre pour ne pas succomber avec rage à cet appel que la seule volonté est incapable de contenir.

Quel est donc l’impact du sucre sur l’organisme ?

Il s’avère que le sucre raffiné, par son déséquilibre propre, induit des déséquilibres en cascade à l’intérieur de l’organisme. Si le diabète de type 2 ou gras est relativement bien connu, il n’est pas la seule conséquence car le sucre agit de manière insidieuse pour saper notre santé et se révèle dès lors impliqué dans de multiples pathologies. Voici donc les principaux effets connus à ce jour.
• Carence minérale et déminéralisation
La perte minérale est le premier effet de l’ingestion de sucre raffiné qui, dépourvu de ses minéraux d’origine, est un acide. Pour mémoire, le sucre complet contient de 1 500 à 2 900 mg de sels minéraux, (calcium, potassium et magnésium), alors que le sucre blanc n’en contient que 30 à 50 mg. Il a donc besoin pour être métabolisé d’être tamponné par un apport minéral (dont le calcium, le magnésium et le potassium), soit issu de la nourriture, soit pris sur les réserves organiques que sont les dents, les os, les vaisseaux…
Le Magnésium est particulièrement sollicité, alors même qu’il fait déjà défaut dans l’alimentation, consécutivement à l’appauvrissement des sols. Ce phénomène entraîne une inflammation interne par surcharge acide. L’équilibre minéral du zinc et du chrome est également affecté. Résultat : carence en minéraux, doublée d’une déminéralisation de l’organisme, qui ouvre la porte à d’autres déséquilibres (caries, ostéoporose, affections vasculaires…).
• Affaiblissement du système immunitaire
En plus de la perte minérale qui affecte aussi l’immunité, il faut savoir que la vitamine C utilise le même mécanisme pour pénétrer les cellules que le glucose, qui, lui, pénètre de façon privilégiée. Donc plus le niveau de sucre sanguin est élevé, plus le glucose entre dans les cellules, au détriment de la vitamine C. L’insuline, sécrétée par le pancréas pour répondre à l’augmentation du niveau de sucre sanguin, inhibe aussi l’absorption par les reins, ce qui signifie que l’ingestion de glucides entraîne l’excrétion de la vitamine C par les urines au lieu de la retenir dans le corps.
Au niveau de la flore intestinale, les bactéries et levures opportunes pathogènes profitent du sucre pour se développer en surnombre, ce qui induit une digestion incomplète et à terme une altération de la muqueuse intestinale, avec à la clé le développement des candidoses, des allergies, mais aussi des troubles du comportement. Enfin, il a été observé en laboratoire que l’ingestion de sucre sous toutes ses formes pouvait inhiber l’activité des lymphocytes, également tributaire du zinc.
• Vieillissement prématuré
Une des voies d’action des sucres sur le vieillissement est la glycation ou réaction de Maillard, un ensemble de réactions non enzymatiques des protéines. Lorsque des molécules de sucre, quelle qu’en soit la nature, se lient à des protéines, apparaissent des PTG, produits terminaux de la glycation. Les PTG augmentent au cours du vieillissement et ont notamment pour particularité de ronger le collagène et l’élastine, ce qui entraîne une altération des différents tissus, dont les vaisseaux. Ils sont impliqués dans la polyarthrite rhumatoïde, la maladie d’Alzheimer, la dégénérescence maculaire, la fibrose, le diabète… et les rides !
Le fructose se lie davantage aux protéines que le glucose. Attention donc au fructose de synthèse, au sirop d’agave (90 % de fructose) et surtout au sirop de maïs hydrolysé ou HFCS ou encore isoglucose présent dans de nombreux produits industriels.
Enfin, tout excès de sucre et notamment de fructose entraîne une élévation des triglycérides, c’est-à-dire des gras circulants.
• Sucre et cancer
Il a été démontré un lien direct entre taux d’insuline et certains cancers comme celui du sein, du pancréas, de la prostate, du côlon… Des recherches ont établi que l’ingestion de sucre alimentaire pouvait réduire la durée de vie de souris porteuses de tumeurs, trop de sucre ayant un effet négatif sur le système immunitaire. On sait aujourd’hui que les cellules cancéreuses sont de grosses consommatrices de sucre. En parallèle, la dérégulation de la glycémie entraîne une hyperinsulinémie corrélée à une hyperleptinomie, soit un excès de leptine. Outre son rôle d’hormone de la satiété, la leptine est impliquée dans l’angiogenèse (vascularisation), processus normal lors du développement embryonnaire, mais pathologique lors de la croissance des tumeurs. Enfin, n’oublions pas les travaux d’Otto Warburg (prix Nobel en 1931) qui en 1923 montraient que les cellules cancéreuses fermentaient du glucose pour produire leur énergie au lieu de carburer à l’oxygène. Ce que fit dire à certains que le sucre nourrit le cancer… D’autres études ont avancé que non seulement il le nourrit, mais il le génère.
• Perturbations hormonales
Michel Raymond, dans « Cro-magnon toi-même », précise qu’il existe un lien entre consommation de sucre, insuline et hormone de croissance. Par exemple, le sucre induit un dérèglement de la croissance des nerfs optiques. Michel Raymond cite les Inuits chez qui on a noté une augmentation très marquée des très fortes myopies après introduction du sucre et ce, en seulement 20 ans, alors que la myopie était extrêmement rare. De même l’acné, considéré comme normal dans les sociétés occidentales, est inconnu dans les sociétés primitives. Il rapporte aussi un déséquilibre global des sécrétions hormonales, origine des kystes ovariens, de certains cancers (sein, prostate, côlon), d’hypertension, de calvitie…
• Troubles du comportement et maladies mentales
Comme nous l’avons évoqué, les trop grandes variations de la glycémie affectent le cerveau. L’hypoglycémie, c’est-à-dire la baisse du niveau de sucre sanguin, est source de nervosité, d’irritation et de violence. Des expériences menées dans des écoles et des prisons ont montré que la suppression des produits sucrés et sucrants a pour conséquence immédiate un plus grand calme, une plus grande attention, moins de violence et moins de dégradations matérielles.
Sachez aussi que statistiquement, les dépressifs sont plus nombreux parmi les diabétiques.
À noter également que la perte minérale en magnésium, induite par la consommation de sucre, contribue à altérer l’humeur.
Enfin, le sucre serait également responsable de la dégénérescence telle qu’observée dans la maladie d’Alzheimer (que certains qualifient de diabète de type 3), par déséquilibrage du mécanisme du cholestérol indispensable au fonctionnement cérébral.

À travers cette liste, il devient évident qu’une grande vigilance s’impose vis-à-vis de la consommation de sucre, notamment chez les jeunes enfants afin de ne pas créer l’addiction fatale. Et n’oubliez pas que tous les produits céréaliers raffinés sont des sources de glucides dépourvues de minéraux et ont par conséquent les mêmes effets que le sucre blanc. Diminuer ses apports est donc le premier geste à poser pour s’assurer de beaux jours. Nous verrons donc dans un prochain article comment réguler nos apports, sans renoncer à la douceur !
____________
Pour aller plus loin
• Cro-magon toi-même, Petit guide darwinien de la vie quotidienne, Michel Raymond, Seuil, 2008
• Nutrition et bien-être mental, pourquoi et comment notre alimentation influence notre cerveau, Veronica Van der Spek, de boeck, 2009
• Libérez-vous de vos fringales, Julia Ross, Thierry Souccar édition pour la traduction française, 2011
• Le sens caché de nos dépendances, docteur Olivier Soulier, in Biocontact, mars 2007, consultable sur http://www.lessymboles.com

Publié dans • Réflexion sur la nutrition | Marqué avec , , , , | Commentaires fermés