L’offensive de la grande distribution sur la bio

Pendant longtemps, la grande distribution n’avait que faire de la bio. Mais ce segment de marché devenu porteur, affichant une croissance à faire pâlir d’envie, a aiguisé les convoitises. Pour calmer un peu le jeu, on nous a d’abord servi du raisonné qui dans l’absolu ne correspond à rien, mais satisfait les consciences : c’est moins pire. Et après avoir édulcoré le cahier des charges européen de la bio et dopé les pratiques bio-industrielles, tout semble prêt pour l’offensive et les enseignes rivalisent pour créer leur réseau. Si l’on peut se réjouir du recul de l’agriculture intensive conventionnelle, il convient de rester vigilant car la bio ne se résume pas à un label, mais à un choix de société, une aspiration à plus d’exigence, de sens et de respect.

Dans la course aux parts de marché

Carrefour qui a déjà racheté Greenweez, le plus important site de vente en ligne de produits bio, pose ses jalons sur le terrain selon un « Plan bio » qui prévoit l’ouverture de 150 magasins « Carrefour bio » d’ici 2021, dans la logique du concept Carrefour proximité. Une quinzaine existent déjà. Pour assurer ses arrières, Carrefour entend développer ses propres filières. En février 2017, l’enseigne déclarait aider à la conversion 300 fermes grâce à des contrats de trois à cinq ans portant sur les volumes et sur les prix. En mai, c’est par une convention avec la chambre régionale d’agriculture de Nouvelle Aquitaine qu’elle s’est engagée à établir des accords pluriannuels avec les producteurs pour de nouvelles filières d’approvisionnement – régionales et nationales – en produits végétaux et animaux bio. Leclerc emboîte le pas et envisage, après l’ouverture du 1er Leclerc bio ce 17 janvier, d’ouvrir en 2018, 200 points de vente dédiés à la bio.
Intermarché n’est pas en reste puisque les Mousquetaires ont signé le 10 janvier un partenariat avec le Groupement Les comptoirs de la bio, concrétisé par une prise de participation minoritaire de 16 % au capital de l’un des premiers réseaux spécialistes du bio en France. Les adhérents Intermarché pourront ainsi ouvrir des petits supermarchés bio.
Auchan, qui avait tâté le marché avec 2 magasins « Cœur de nature », a ouvert en novembre 2017 un premier « Auchan bio », qui devrait être suivi par une centaine d’autres. Enfin Casino, grâce à l’intégration de Naturalia au sein de Monoprix en 2008, lui-même filiale du groupe, compte ainsi quelque 150 points de vente en France.

« Mais si les enseignes se développent rapidement en France, le risque d’une bio industrielle, hors sol, de faibles qualités nutritives, est bien réel. Je l’appelle “le” bio pour la différencier de “la” Bio à valeurs. J’appelle ainsi la production de masse et le productivisme que le règlement européen de l’agriculture biologique n’empêche pas. Tout en le suivant, on peut faire du conventionnel sans pesticide, en abandonnant toutes les valeurs de la bio. Si on reprend le modèle conventionnel en bio, on aura les mêmes effets et les mêmes conséquences qu’avec l’agriculture conventionnelle. »
Claude Gruffat, président de Biocoop et auteur de « Les dessous de l’alimentation bio », éditions La mer salée, dans un entretien avec bioaddict

Objectif : faire de la bio moins chère

Les petits bios apprécieront car il n’y a pas de recette magique pour produire moins cher : il faut voir grand. Or nous savons que les plantes comme les animaux ont besoin de notre attention et de notre considération pour nous offrir le meilleur en retour. Voir grand conduit à s’éloigner du vivant et par conséquent à gérer comme en conventionnel, juste en moins sale. L’esprit du vivant s’en trouve oublié au profit de la seule production et du rendement. C’est moins pire, mais ce n’est pas mieux !
De plus, en construisant leur propre réseau d’approvisionnement, certaines enseignes vont littéralement s’attacher les producteurs, leur ôtant toute marge de manœuvre autonome, soumis qu’ils seront dès lors à la loi de leur commanditaire. Danger !
Sans compter, faut-il le rappeler, que si le bio est aujourd’hui plus cher, c’est parce que le conventionnel n’inclut pas les coûts indirects de production, ne serait-ce qu’en termes sanitaire et environnemental.

Le vivant n’a pas de prix parce qu’il est par essence inestimable.

Il ne peut exister de miracle économique en la matière et il s’agit là une fois encore d’une énième fuite en avant sur le mode « changeons pour que rien ne change », alors que nous éprouvons avant tout un besoin fondamental de sens et de liens. Il est impossible de se nourrir de données comptables à la vue nécessairement courte : la vie low cost est un leurre et signe une véritable involution. Il est urgent en revanche de se réinscrire dans une approche globale de gestion de patrimoine. Pour ce faire, Il est essentiel de reconnaître la valeur de tout ce que nous côtoyons. C’est aussi une question de respect et d’estime de soi.

Publié dans • Humeur du jour | Commentaires fermés

2018… 1, 2, 3…

Publié dans • Humeur du jour | Commentaires fermés

Un brin de bonheur, édito de la lettre 40 (mai 2017)

« C’est mou » disent les uns ; « Les années d’élections, c’est jamais bon » rétorquent les autres… L’attentisme qui semble présider à cette période entre-deux m’évoque Samuel Beckett et son superbe « En attendant Godot », comme si le retour d’un messie devait tout changer. J’ai d’ailleurs beaucoup souri en lisant la chronique d’Amid Faljaoui relatant l’analyse de Michel Onfray qui expliquait que cette présidentielle est d’abord une machine à vendre du papier journal et du taux d’audience. D’ailleurs, selon lui, cette course à la présidentielle a été construite comme un feuilleton de téléréalité mais sur le principe christique.
Au-delà de l’élection à proprement parler dont certains nous rappellent que « voter, c’est abdiquer », je vois dans cette attente ce même lien de dépendance qui consiste à devenir tributaire d’un tiers ou d’un bien ou d’un aliment ou d’une drogue pour être heureux, alors même que notre époque, dans les multiples défis qu’elle nous propose y compris en termes d’alimentation et de santé, nous invite à nous libérer du joug de notre histoire – du passé comme du futur – pour accéder au potentiel du seul présent. C’est toute la force du pouvoir de l’accueil de ce qui est*, sans jugement et sans volonté, qui permet de prendre du recul, et plus encore de la hauteur, pour s’extraire de la matière, du mental et même des émotions et s’exprimer en tant qu’être souverain.
Cultiver le bonheur revient tout simplement à dépasser l’entre-deux, à cesser d’attendre des jours meilleurs et de lutter contre qui nous sommes, à lâcher nos masques, nos costumes de scène, nos bagages… et à oser l’aventure du présent, qui ne peut-être que la bonne heure.

Bien à vous,

Élisabeth de la Fontaine
* merci à Nassrine Reza

Publié dans • Humeur du jour | Marqué avec | Commentaires fermés

Les herbes de la Saint-Jean

Entre légende et tradition, voici quelques herbes dont on dit qu’elles guérissent tous les maux et que leurs vertus sont à leur apogée au matin du 24 juin, pour la Saint-Jean. Qu’en est-il vraiment ?

« Les herbes de la Saint Jean gardent leurs vertus tout l’an »

Herbes miraculeuses ?

À en croire l’expression « avoir utilisé toutes les herbes de la Saint-Jean » pour signifier que tout a été tenté, effectivement elles le sont ! Et à regarder cette liste de 7 herbes quasi sacrées, nous comprenons qu’elles formaient la pharmacopée de base des foyers : sauge, achillée millefeuille, marguerite, lierre terrestre, joubarde, armoise et millepertuis. Incontestablement, la sauge ou salvia, qui signifie guérir, fait figure de panacée dès l’Antiquité. L’achillée millefeuille était déjà prisée par Achille et ses guerriers, qui utilisaient son suc frais pour guérir leurs blessures. Les fleurs infusées luttent contre les parasites intestinaux. L’armoise a la réputation de soigner les troubles féminins. La joubarbe, herbe de Jupiter, utilisée en cataplasme de feuilles fraîches, est souveraine dans les affections épidermiques : cors, dartres, gerçures, piqûres d’insectes… Le millepertuis, dont on fait la fameuse huile rouge par macération de ses fleurs dans l’huile, soigne les brûlures et calme les rhumatismes… Le lierre terrestre soulage les troubles des bronches et enfin, la marguerite s’utilise fraîche, le cœur broyé, sur les plaies qu’elle aide à cicatriser. Sèche et infusée 10 minutes, à raison d’une cuillerée à soupe de fleurs par tasse, elle soigne les conjonctivites.
À ces 7 plantes de référence, s’ajoutent 20 complémentaires et des nuances selon les régions dont : l’angélique, l’arnica, l’aubépine, la bourrache, la camomille, la capucine, la chélidoine, le chiendent, le chrysanthème des moissons, la cuscute, la drosera, l’épervière, la feuille de noyer, la fougère, la gentiane, l’hysope, l’immortelle, la lavande, le lycopode officinale, la marjolaine, la mauve, la mélisse, la menthe, la myrte, la pimprenelle, le pissenlit, le plantain, la reine des prés, le romarin, le serpolet, le souci, le sureau noir, le thym, la verveine…

Célébrer l’alliance des éléments

Un véritable rituel accompagne la cueillette, comme en Catalogne où la coutume reste bien ancrée, avec la confection de croix, couronnes et bouquets. Composés d’orpin, de millepertuis, d’immortelle et de feuilles de noyer, ces bouquets appelés ramellets de la Saint-Jean sont accrochés aux portes pour protéger les habitations.
En fait, la Saint-Jean devrait coïncider avec le solstice d’été, soit le 21 juin, moment où les forces de vie sont maximales et que les plantes offrent alors le meilleur de leurs bienfaits. C’est pourquoi, il est dit que la cueillette doit s’effectuer tôt le matin, avant le lever du soleil. Plus encore, ces herbes et le rituel qui accompagne leur cueillette célèbrent les 4 éléments : l’eau, le feu, l’air et la terre. Qualifiées de “Fontaines de Santé” par les Celtes, ces herbes sont liées à la symbolique de l’eau, à commencer celle de la rosée du matin de la cueillette, ou encore celle des fontaines que l’on orne à cette occasion dans de nombreuses régions, notamment en Provence. En tant que fête du solstice d’été, date à laquelle le soleil atteint son apogée, la Saint-Jean célèbre aussi le feu. À noter que le jaune prédomine dans les bouquets confectionnés. Entre terre et air, les plantes par leurs racines et leurs rameaux relient le bas et le haut, le passé et l’avenir, le matériel et le spirituel. C’est aussi l’un des sens donné à la croix, alors que la couronne, évocation du cercle solaire, est un symbole de protection.

Recette de sorcière
À la Saint-Jean, il est paraît-il bon d’avoir le cœur en amour ! Voici donc la recette de la « poudre de badinage» composée de marjolaine, thym, verveine et myrte, qui, une fois séchées seront réduites en poudre et tamisées. Il suffira alors de respirer ce mélange pour se sentir le cœur léger et l’esprit ouvert !

Les feux de la Saint-Jean

Avant le Concordat de 1801, la Saint-Jean était une fête chômée en France, qui donnait l’occasion de célébrer, un peu tardivement, le solstice d’été, soit le jour le plus long de l’année. C’est avec Noël, l’une des rares fêtes fondée sur une naissance, celle de Saint Jean Baptiste qui baptisa le Christ, et non une mort. Au départ, la Saint-Jean est une fête païenne et surtout une fête agraire qui marque un moment de plénitude de la nature, avant que la lumière ne commence à décroître. C’est donc une fête solaire et c’est pourquoi elle est placée sous le signe du feu. Tradition bien présente dans de nombreux pays, de la Chine au Danemark, en passant par le Québec, les feux de la Saint-Jean sont une occasion de se réunir, de chanter, de danser, et de sauter au-dessus des flammes auxquelles on prête des vertus magiques : purification et protection vis-à-vis des maladies, des sortilèges et autres fléaux… Ailleurs, ces feux sont censés permettre de se défaire de ses pensées négatives ou de se repentir d’actes condamnables. Plus tard, les cendres froides pourront être répandues dans les champs pour protéger les récoltes de la foudre et des incendies.

Alors, que vous soyez en France ou ailleurs, soyez de la fête et n’oubliez pas de cueillir les simples qui accompagneront votre année et soigneront vos maux en douceur.

______________

Pour aller plus loin
• Aux Herbes de la Saint-Jean : carnet de notes d’une herboriste
Pascale Maasdam, Amyris, 2006
Voici un ouvrage en forme de clin d’œil puisque c’est place Saint-Jean, à Lyon, qu’est allumé chaque année le fameux feu dans lequel sera brûlée la sorcière. Et c’est sur cette place qu’exerça pendant plus de quarante ans Simone Chavassieu, l’une des dernières herboristes. Pascale Maasdam son assistante, a choisi de conserver la mémoire de cette échoppe et de ses secrets, et raconte « les fins mélanges, breuvages, tisanes contre les maux… les secrets de la santé ».

Publié dans • Santé globale | Marqué avec , | Commentaires fermés

Big data et politique, à quoi sert la collecte des données

La Radio Télévision Suisse nous donne un exemple d’actualité pour illustrer l’intérêt que peut revêtir la collecte des données au travers de nos connexions et réseaux. Et n’oubliez pas, comme le rappelle cet article relayé par Reporterre (Linky vendra les données de votre vie) que le compteur Linky déployé en ce moment même sur le territoire français participe de la collecte de nos données.

Le reportage de la RTS

Emmanuel Macron est arrivé en tête du premier tour de la présidentielle française dimanche dernier. Cette victoire est également celle d’une méthode qui a porté sa campagne: celle du “big data”, l’analyse des mégadonnées.

politique-big-data-is-watching-you?id=8583328

 

Emmanuel Macron est arrivé en tête du premier tour de la présidentielle française dimanche dernier. Cette victoire est également celle d'une méthode qui a porté sa campagne: celle du "big data", l'analyse des mégadonnées.
Le principe est relativement simple et puissant. Il s'agit de baser une stratégie électorale sur les données des citoyens afin de savoir sur quels quartiers du pays se concentrer et cibler les indécis.
Derrière cette approche scientifique high-tech se cache une start-up parisienne, Liegey Muller et Pons (LMP), qui oeuvre pour le candidat centriste.
"Nous sommes capables de caractériser les quartiers en termes électoraux et sociologiques: quels sont les quartiers plutôt à gauche, à droite, indécis, jeunes, vieux, riches ou bobos, explique à la RTS Arthur Muller, co-fondateur de LMP. Et nous sommes capables de le faire pour tous les quartiers parisiens et tous ceux de France."

Lire la suite et voir le reportage sur le site de la RTS

 

 

Publié dans • Humeur du jour | Commentaires fermés